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Lionheart – Amiga ECS/OCS – 1993

lionheart_titre« Mais laissez-moi donc partir, bande de salauds ! »

Valdyn en voulait à ses gardiens, qui le traînaient à travers les longs couloirs en marbre du palais. Seulement deux jours s’étaient écoulés depuis qu’il avait joué dans son troquet habituel, « La Griffe Sanglante », lorsque tout à coup les gardes du roi avait envahi le local et l’avait arrêté. Depuis, il traînait là, dans ces oubliettes qui s’entaient l’humidité, et le seul air frais avec lequel il pouvait remplir ses poumons de temps en temps, était l’air du préau lorsque les gardiens venaient le chercher pour ses coups de fouet quotidiens. Il en avait raz-le-bol.
Oui, bien sur, il s’était permis certaines choses que la loi ne permettait pas. Mais ce qu’il avait fait n’était en aucun cas pire que les escroqueries des autres crapules qui fréquentaient aussi « La Griffe ». Et la plupart de ses filouteries n’avaient pas vraiment été bien graves. Mais les soldats étaient entrés dans le troquet, s’étaient jetés sur lui, l’avaient mis aux fers et traîné, sous un déluge de coups de pied et de matraque, au palais. Valdyn s’était tellement débattu que les gardes du roi n’avait plus eu d’autre moyen que de l’assommer.
Ils traversaient des couloirs richement décorés et il se demanda une fois de plus, pourquoi la malchance de se faire arrêter avait du précisément lui arriver. La petite troupe s’arrêta devant une grande porte, surveillée par d’autres gardiens avec le regard sombre, auxquels il fut livré. Les gardiens le regardaient d’un œil méfiant et observaient bien attentivement tous ses mouvements, lorsque Valdyn commença à se redresser de toute sa taille. Son regard était glacial. L’un des gardiens alla vers la porte pour frapper.
« Entrez ! » répondit aussitôt une voix. Le gardien ouvrit la porte lourde et regarda Valdyn d’une façon menaçante. Celui-ci leur lança un dernier regard plein de mépris avant de passer, fier et la tête haute.
lionheart01Il entra dans une salle d’audience petite, mais installée de façon somptueuse. Sur le côté opposé de la salle, sur une petite estrade, se trouvait un trône garni d’ornements, sur lequel était assis un homme avec des moustaches grises. Valdyn s’arrêta brusquement lorsqu’il reconnut son vis-à-vis: Le roi en personne ! A ce jour, Valdyn ne l’avait vu qu’aux grandes occasions, comme par exemple pour la grande fête annuelle, qui devait d’ailleurs avoir lieu dans trois jours. Maintenant, Valdyn était plus que certain que ses problèmes ne devaient pas être minimes.
Le roi se leva et dit: « Tu es Valdyn. » Valdyn hocha la tête. « On t’appelle Lionheart », continua le roi. « Parce que, paraît-il, tu serais très courageux et sans crainte. » Il ricana. « Comme ce nom te va bien. »
Valdyn frissonnait. Qu’est-ce que cet homme pouvait bien lui vouloir ? Même en ne respectant pas toujours la loi, il ne s’était pourtant jamais retourné contre la couronne.
« Connais-tu le Lionheart, Valdyn ? »
lionheart02Valdyn hésita. Il s’agissait certainement d’un piège. Tout le monde connaissait cette pierre précieuse sacrée et à laquelle il devait son surnom. A quoi le roi jouait-il ?
« Bien sûr, » répondit Valdyn – et après une petite pause il ajouta « Mon Seigneur ». Le roi se secoua.
« Et tu es bien au courant de ce qui doit se passer dans trois jours ? »
« La fête ? » Valdyn sentit sa gorge se serrer. Qu’est-ce que c’était que cette histoire? Voulait-on le condamner pour un crime qu’il n’avait pas commis? « Vous devez montrer le Lionheart à votre peuple. »
« Pour lui prouver ma divinité, oui. » Perdu dans ses pensées, le roi contempla une merveilleuse fresque qui recouvrait le mur entier qui se trouvait sur sa droite et qui montrait une bataille héroïque de ses ancêtres.
Après quelques instants Valdyn toussota. Le roi se tourna brusquement: « Le Lionheart a été volé! »
lionheart03Valdyn était choqué. Le Lionheart était le plus précieux vestige de son peuple, le symbole sacré et le centre de leur religion. Personne ne pourrait jamais réussir à le voler. « Comment cela s’est-il passé? Mais qui a donc osé faire ça ? »
Le roi le regarda fixement. « Des maîtres voleurs. Nul autre n’aurait pu échapper à tous les pièges. Et ils ont dû être aidé par un magicien: Toutes les consolidations magiques ont été enlevées. Ils savaient très exactement à quoi s’attendre. »
« Voulez-vous dire qu’ils ont été aidé par un initié ? » Le roi hocha la tête. « Nous avons raison de supposer que les voleurs ont été envoyés par Norka. »
Valdyn, les yeux grand ouvert, répondit d’une voix surprise: « Norka, mais pour quelle raison ? Je pensais qu’il était heureux au fond de sa contrée sauvage. »

lionheart05« Non – plus maintenant. Nous avons été informés qu’il est en train de recruter une armée. Nous avons
envoyé des messagers avec des offres de paix. A leur retour, ils nous ont rapportés que Norka avait fait construire un château volant et une flotte d’hydravions. Et les dernières nouvelles nous parlent d’une forteresse planante gigantesque qui se construit près de notre frontière, ainsi que d’énormes concentrations de troupes. Il y a de ça deux mois. » Le roi soupira. « Depuis, nous avons envoyé plusieurs agents secrets et d’autres messagers – mais nul d’entre eux n’est revenu. »
« Mais pourquoi n’envoyez-vous pas votre armée ? »
« Parce-que même si nous étions en mesure d’atteindre la force de Norka, je devrais prier la grâce des Dieux – donc, nous avons besoin du Lionheart, pour le montrer à notre peuple. »
Valdyn réfléchissait. Il ne savait toujours pas, ce qu’il avait à voir dans toute cette histoire. Il regarda le roi.
« Pourquoi me racontez-vous tout cela ? »
lionheart06Tranquillement le regard du roi croisa celui de Valdyn. « Tu vas rapporter le Lionheart à temps pour la grande fête. »
Valdyn resta immobile, l’air un peu béat, la mâchoire grande ouverte. Puis il se mit à éclater de rire sans pouvoir s’arrêter. Les larmes coulaient sur son visage. Il eut bien du mal à se maîtriser. Bien du temps s’était écoulé avant qu’il ne parvienne à regarder le roi, qui, lui, l’observa, l’air bien agacé.
« Je suis heureux de voir que cette mission t’amuse. Je sais très bien que tu n’acceptera jamais cette mission par simple loyauté pour ton roi légitime. Peut-être savais-tu que le chancelier Nargle aspire au trône et qu’il aurait déjà réussi à me chasser, s’il n’y avait pas eu le Lionheart. Je suis persuadé que c’est lui qui a aidé les voleurs. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il soit un bon souverain. Mais ce n’est pas la question à disquter pour l’instant. Je t’offre une énorme récompense, si tu me rapportes le Lionheart. »
Valdyn s’essuya les larmes. « Mais pourquoi moi ? »
lionheart07Le roi avait les épaules tombantes. « Crois-moi, j’aurais bien entendu préféré envoyer un de mes combattants dévoué qui a déjà fait ses preuves. Et il aurait certainement accepté cette mission sans récompense. » Le roi soupira profondément. « Le grand prêtre a consulté les Dieux. C’est ta destinée de rapporter le Lionheart. Crois-tu vraiment que ton surnom soit un jeu du hasard ? »
Le visage de Valdyn prit un air sérieux. Elu par les Dieux ? Lui ? « Excusez-moi, Mon Seigneur, » il s’inclina devant le roi, « mais si les histoires que j’ai entendues sur l’empire de Norka, correspondent à la vérité – et ce que vous dites doit être vrai – il n’y a aucune récompense au monde qui pourrait me persuader d’aller m’aventurer là-bas.  »
« Et ta vie – ne serait-ce pas une assez grande récompense ? » Valdyn hésita. Le roi ne semblait pas plaisanter.
« Tu as déjà fait la connaissance de mes oubliettes. Veux-tu gouter à mes salles de torture maintenant ? »
Valdyn commença sérieusement à frissonner. Il avait déjà entendu parler des salles de torture du roi. On
disait que les tortionnaires étaient d’une finesse inouïe et que les résultats qu’ils obtenaient était précis jusqu’au plus petit détail.
Le roi, un sourire inquiétant sur les lèvres, répondit: « Ne te fais pas de soucis. Tu ne vas pas rencontrer
Norka non préparé. Nous avons un petit dragon pour toi sur lequel tu pourras t’en aller directement au
château volant de Norka. En outre, le grand prêtre va te doter de forces magiques qui augmenteront ta
résistance contre la douleur et les blessures – et qui te donneront un pouvoir limité de régénération, au cas où tu serais tué. »
Valdyn resta muet. Tout ce qu’il demandait c’était de retrouver sa petite vie, ses beuveries, ses petites
bagarres et ses escroqueries. Et maintenant – ça!
Le roi toussa. « Il y a encore un autre motif pour toi, d’accepter cette mission. N’as-tu pas une petite liaison avec une jeune fille nommée Ilène ? »
Terrifié, Valdyn hocha la tète. Qu’est-ce que Ilène avait à voir là-dedans ? Il ne l’avait jamais emmenée avec lui en randonnée. Elle était bien trop… innocente pour faire des choses pareilles.
« Comment-ça, Ilène ? Qu’est-ce qu’elle vient faire dans cette histoire ? »
lionheart09Le roi hésita. « Malheureusement, elle était en train de prier dans l’antichambre du Temple, lorsque les
voleurs sont venu prendre le Lionheart. »
Valdyn sentit l’angoisse monter en lui. Non, pas Ilène! « Est-elle morte ? L’ont-ils tuée ? »
« Non – ils l’ont changée en pierre… »
Valdyn leva les bras au ciel. Bons Dieux , non ! « Peut-elle être guérie ? » Sa voix tremblait.
« Oui. Elle a été blessée par un flèche qui a été trempée dans un poison rare. Ce poison est tiré d’une plante qui ne pousse que dans l’empire de Norka. Si vraiment il doit exister un antidote, c’est là-bas qu’il faut aller le chercher. »
Valdyn baissa ses mains et fixa le roi du regard. Il avait perdu tout son orgueil. Arrëté, torturé, et maintenant Ilène. Il n’avait pas le choix – il devait partir.
Le roi vit que sa décision était prise. « Très bien. Viens. Nous allons t’emmener au Temple. Là, tu vas être préparé pour ton voyage. »

© 1993 Jurie Horneman

lionheart11Dans Lionhearth, vous incarnez Valdyn et vous enfourchez votre dragonnet pour récupérer la pierre précieuse appelée le Lionheart et sauver votre bien-aimée Ilène de son triste sort. Seulement, dès le début, tout va de travers, car Norka, dans sa forteresse volante vous prive de votre monture et vous laisse vous écraser dans des marécages inhospitaliers. Fort de vos nouveaux pouvoirs, vous allez non seulement devoir vous frayer un chemin à travers les marécages, mais aussi une ville à la frontière du pays de Norka, un lac de lave, pour enfin récupérer votre dragonnet et voler vers le repère de votre ennemi.

Valdyn peut sauter, courir et s’accroupir. Maintenez le bouton feu appuyé et votre personnage dégainera son arme s’il est debout ou en l’air et enverra un coup de pied s’il est accroupi.

lionheart12Sur votre route, vous devrez récupérer des cristaux, des potions et vous aurez l’opportunité d’augmenter la puissance de votre lame. Mais votre tâche sera loin d’être aisée, car les territoires que vous devrez traverser sont infestés de monstres et de pièges.

Indice : c’est dans le monde volcanique que se trouve le contre poison, seul capable de libérer Ilène de son triste sort, mais vous pouvez aller à la fin sans le trouver et donc sans la sauver.

Rlionheart13éalisé par Thalion, Lionheart sort en 1993 sur Amiga. Disons-le d’emblée, Lionheart est de toute beauté et j’irai même jusqu’à dire que ce jeu est le plus beau à avoir vu le jour sur Amiga 500. Et oui, ce petit bijou graphique tourne sur un simple Amiga 500. Et autant vous dire que, passée une intro très agréable, les premières secondes de jeu laissent sans voix.

Graphiquement donc, Lionheart relègue au placard bon nombre d’anciens hits. Tout y est somptueux, le personnage, les décors, les monstres…

lionheart14Techniquement parlant, là, on prend aussi une grosse claque : pour l’animation du fond, les programmeurs ont utilisés une sorte de « Mode 7 », propre à la Super Nintendo et qui correspond à peu de chose près à une parallaxe par ligne… c’est époustouflant. Les mouvements de Valdyn sont superbes, il faut le voir tournoyer avec son épée… Que dire du scrolling, sinon qu’il est ultra fluide, un modèle du genre…

Côté son, Lionheart est bien servi avec un thème musical par monde et des bruitages convaincants.

En résumé, Lionheart est une petite merveille qui exploite à fond les capacités de l’Amiga. Un peu dur, peut-être, ce jeu saura vous tenir en haleine une paire d’heures et laissera gravé dans vos mémoires des images sublimes…

Côté émulation, utilisez une configuration A1200 en cochant 68EC020 dans l’onglet CPU et cela devrait tourner sans problème.

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4 réflexions sur “Lionheart – Amiga ECS/OCS – 1993

  1. il existe(ait) un remake assez bien refait (avec zic original + remix), bien qu’il manquait l’effet de degradés couleurs sur le decor, mais la version finale avait été entierement recodé en Java (beurk).

  2. Pingback: Unreal – Amiga ECS/OCS – 1990 | Amiga Chapter.Two

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