Agony – Amiga ECS/OCS – 1992

imageL’esprit d’Acanthopsis est apparu à Alestes et l’a chargé de rétablir la paix dans le monde en détruisant Mentor, ennemi juré de l’humanité. Ce dernier a pour ambition de s’approprier le parchemin d’Acanthopsis, révèlant ainsi le secret de la force cosmique et de la création du monde. Pour affronter son ennemi et sa horde, Alestes se transforme en un puissant hibou maîtrisant la magie et prend son envol.

imageAlors que le bruit caractéristique da la disquette s’insérant dans le lecteur résonne encore dans l’air, une musique mystérieuse et envoûtante le remplace dans votre esprit avec comme toile de fond des graphismes haute définition aux couleurs chatoyantes. Puis quelques mots finement ciselés s’impriment sur l’écran : Art & Magic, Psygnosis et Agony, ces mots ne tomberont pas dans l’oubli, quoi qu’il advienne. Un air de piano s’installe, sublime composition de Tim Wright, un régal pour les oreilles, un délice pour les tympans. Que votre « Agonie » commence…

imageVous incarnez Alestes après sa transformation en hibou. Vous devez vous frayer un chemin à travers six gigantesques niveaux totalement différents et faire face à des hordes d’ennemis prêt à vous empêcher de passer. Pour vous aider dans votre quête, vous disposez d’un tir principal en forme de boomerang possédant quatre niveaux de puissance et de deux satellites en forme d’épée. Sur votre route, vous aurez l’occasion de ramasser des parchemins magiques, vous donnant accès à des sorts que vous pourrez utiliser à tout moment du jeu (en appuyant sur la barre d’espace), vous faisant bénéficier soit d’une arme surpuissante, soit d’une protection supplémentaire.

imageDéveloppé par Art & Magic (composé en partie des programmeurs d’Unreal) et produit par Psygnosis (encore eux), Agony sort en 1991 sur Amiga.

icone_graphismesLe jeu vous propose de détruire des centaines d’ennemis à travers six mondes différents dont les graphismes sont agrémentés de centaines de couleurs. Superbement animé, les parallaxes glissent les unes sur les autres à la perfection, produisant un effet de profondeur rarement atteint dans un jeu Amiga.

icone_jouabiliteMême s’il n’est pas très rapide, le personnage répond parfaitement à vos solicitations.

imageicone_difficulteLa difficulté, progressive dans les trois premiers niveaux, devient vite pénalisante plus loin pour peu que l’on perde une vie et que l’on voit son arme retourner au premier niveau d’énergie. Même avec une arme à pleine puissance, dans les cinquième et sixième niveaux, les ennemis sont parfois tellement nombreux à l’écran et si coriaces, qu’il est quasiment impossible de les balayer tous. Une seule chose peut vous sauver : les sorts que vous récupérer sur votre chemin, qu’il est sage d’économiser et qu’il faut savoir utiliser au bont moment. Autre point noir, l’action est parfois confuse tant certains ennemis arborent les mêmes nuances de couleurs que l’arrière plan.

imageicone_sonLes musiques (comme d’habitude dans les jeux Psygnosis) sont magnifiques et rendent parfaitement compte de l’ambiance oppressante du jeu ; les bruitages quant à eux sont très sobres et n’apportent rien.

En bref, Agony est une petite merveille graphique et sonore, qui une nouvelle fois ne fait que repousser les limites de l’Amiga sans pour autant révolutionner le genre.


Le saviez-vous ?

  • Le groupe Dimmu Borgir a utilisé dans son album Stormblåst de 1996 les premières notes de la musique titre d’Agony sans créditer Tim Wright, son créateur. La musique en question s’intitule Sorgens Kammer et est de bonne facture. L’album sera réédité en 2005 avec une nouvelle version de la musique incriminéé intitulée Sorgens Kammer – Del II.
  • Une séquence d’intro animée était à l’origine prévue. Conçue et animée par Marc Albinet, cette intro ne sera pas retenue pour des raisons de place.
  • La chouette incarnée dans le jeu représente le logo de Psygnosis.

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Shadow of the Beast – Amiga OCS – 1989

Vous vous appelez Aarbron; vous avez été enlevé lors de votre plus tendre enfance. Depuis cette époque, vous êtes un esclave des adorateurs de la Bête : Maletoth. De nombreuses expériences ont été réalisées sur vous afin de vous conditionner à devenir l’un des fidèles sanguinaires de la Bête. Toutes les potions que l’on vous a fait boire vous ont également affecté physiquement et ont fait de vous un animal assoiffé de sang et en particulier du sang des humains. Le jour de votre ascension au rang d’adepte approchant, vous allez devoir prouver votre dévouement à la Bête en massacrant des humains et ainsi confirmer le potentiel meurtrier que vos maîtres ont descellé en vous. Quand ce jour arrive, dans l’arène, vous êtes tel le bourreau face à ses victimes, vous attendez le signal.
imageDevant vous, vous apercevez trois misérables créatures, un homme et deux femmes; leurs yeux sont fixés sur vous et la peur s’y lit aisément. Cette peur que vous suscitez vous excite, mais tout à coup, tout bascule… ce sont tout d’abord des sensations qui vous tenaillent le ventre puis des images défilent devant vos yeux. Vous voyez vos parents, votre soeur et vous au milieu, heureux; vous êtes instantanément pétrifié par l’horreur car tout devient clair : les êtres humains que l’on vous demande de massacrer sont vos parents et votre sœur. Vous êtes furieux de vous être laissé manipuler par des monstres, c’est eux que vous haïssez désormais.
Dans les gradins plus personne ne bouge, chacun retient son souffle car Maletoth s’est levé, le visage noir, il a compris ce qui vous arrive ; il vous regarde fixement comme s’il désirait vous abattre, mais ce qu’il oublie c’est qu’il a fait de vous une machine froide et sans peur, programmée pour tuer.

Tandis que la clameur monte dans les gradins vous pénétrez dans l’Ombre de la Bête…

imageVous vous en doutez, dans Shadow of the Beast sur Amiga, vous allez incarner Aarbron sous une forme monstrueuse et arpenter le domaine de la Bête, à travers plaine, bois, grottes et château. Votre personnage, véritable machine à tuer, peut sauter, donner des coups de poing et des coups de pied (lorsqu’il saute). Pour accéder à certaines zones et pouvoir progresser dans le jeu, vous devrez récolter des objets (clés, torche, armes). Les ennemis que vous rencontrez sur votre route sont extrêmement diversifiés et semblent tout droit sortis des contes cauchemardesques de Lovecraft, monstres féériques et entités maléfiques, engeances venues d’autres plans, programmés pour le meurtre. En somme l’habituelle faune locale qu’il vous faudra anéantir de bon cœur. Pour survivre, vous disposez d’une unique vie, composée de 12 points d’énergie…

imageDistribué par Psygnosis et développé par Reflections, Shadow of the Beast sort en 1989 sur Amiga.

icone_graphismesSes graphismes somptueux et son animation sans faille font d’emblée de ce jeu un hit incontournable et la vitrine technologique de la machine de Commodore qui sur la promesse de ses visuels alléchants fera vendre des palettes d’Amiga.

icone_techniqueLors des scènes se déroulant en extérieur, le jeu propose jusqu’à treize paralaxes d’une fluidité à faire pâlir n’importe quel programmeur. Les couleurs sont chatoyantes, chaque pixel vous immergeant dans un univers fantasmagorique.
image

icone_difficulteMais, si le jeu est magnifique et le mot est faible, la difficulté s’avère vite très élevée et le peu de potions d’énergie disséminées sur votre route ne suffisent pas à compenser vos blessures. Les ennemis arrivent par vagues successives et pour les détruire, il faut d’une, connaître le parcours sur le bout des doigts et de deux, frapper au dixième de seconde près; les bestioles peuvent venir de devant comme de derrière et parfois des deux côtés en même temps; en bref, vous êtes constamment assailli et il devient vite difficile d’éviter les blessures. Si vous échouez, ne subsistera de vous qu’un maigre tas d’os, vestige d’une vie de martyre.

La difficulté vient donc gâcher le plaisir de jouer à un jeu aussi magnifique, et ceux qui ont acheté ou se sont procurés ce jeu à l’époque ont du très vite s’arracher les cheveux (je confirme car ce fut le premier jeu que j’ai acheté sur Atari 520 STe). Néanmoins, Shadow of the Beast reste un jeu symbôliquement fort de l’Amiga, la vitrine d’une époque vidéo-ludique faite de palettes de couleurs léchées, de paralaxes nombreuses et lisses, de scrolling multi-directionnels hallucinants. Un univers qui, pour ceux qui l’ont connu, n’a pas pris une ride ou si peu, même lorsqu’il est mâtiné d’une difficulté harassante.

Le saviez-vous ?

  • Shadow of the Beast est également sorti sur Amstrad CPC, Atari ST, Commodore 64, FM Towns, Megadrive/Genesis, Lynx, Master System, TurboGrafx CD et ZX Spectrum.
  • Au Japon le jeu reçu le sous-titre Mashō no Okite soit littéralement La Loi de la Cruauté.
  • Le jeu est composé de 350 écrans, affiche 50 images par seconde, 128 couleurs au maximum, a 132 monstres à son bestiaire et a été réalisé en neuf mois.
  • Le jeu fut édité en boîte grand format avec deux disquettes, le manuel, ainsi qu’un T-shirt noir estampillé du titre.