Turrican – Amiga ECS/OCS – 1990

turrican_titreSurgissant du fin fond des ténèbres, l’incarnation du mal est de retour.

Il se nomme Morgul, maître de toutes les craintes et cauchemars de l’humanité.

Alors que le monde tremble, un guerrier solitaire se dresse – son nom est Turrican…

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Le fameux Turrican, l’inconscient qui se dresse contre les hordes purulentes de Morgul… c’est vous.

Alors, revêtu de votre armure quasi indestructible, vous vous ruez dans la bataille, tel un fou avide du sang de ces monstres. Évidemment, vous n’allez pas vous battre à mains nues, car vous disposez d’un fusil mitrailleur capable de tirer soit un plasma multiple, soit un laser. Arrêtez-vous et restez appuyé sur le bouton feu pour déclencher votre lance flamme orientable, arme au fort pouvoir de destruction, mais qui vous oblige à rester immobile et donc à la merci des plus fourbes de vos assaillants.

turrican_04Récoltez des options spéciales afin de déclencher quand vous le désirez des attaques massives surprenantes (fronts enflammées, mines, etc…). Si votre barre d’énergie descend trop bas, vous serez content de trouver sur votre route de l’énergie ou un bouclier pour être invulnérable. Bien entendu, comme dans tout shoot qui se respecte, vous pourrez de temps en temps mettre la main sur des vies supplémentaires afin de prolonger le plaisir de jeu.

Les plus gourmands se rueront avec avidité sur les diamants et surtout sur les cristaux qui remplissent quelques fois entièrement des salles secrètes.

turrican_08Développé par Factor 5 et distribué par Rainbow Arts, Turrican sort en 1990 sur Amiga.

Premier épisode d’une des séries les plus connues et apréciées sur notre machine préférée, Turrican n’est pas le moindre.

icone_graphismesCertes, le jeu manque un peu de couleur, mais les graphismes sont extrêmement fins et rendent merveilleusement bien. Tantôt high-tech, tantôt gigeresque, les décors sont toujours convaincants et nous plongent dans l’horreur de mondes hostiles où la proie, c’est vous.

turrican_11icone_techniqueCôté animation, rien à redire, sinon que ça bouge très bien. Que ce soient les sprites qui virevoltent ou les décors qui scrollent dans toutes les directions, c’est du tout bon.

icone_sonLes musiques de Chris Huëlsbeck sont splendides, comme d’habitude et collent parfaitement à l’ambiance. Dans le niveau gigeresque, la musique s’arrête et fait place à des bruitages oppressants qui mettent mal à l’aise. Le reste des bruitages sont convaincants.

icone_maniabiliteLa maniabilité est excellente et votre personnage répond à toutes les sollicitations.

icone_difficulteLa difficulté est très élevée, tant les pièges sont partout et les mondes labyrinthesques.

turrican_06Au final, Turrican est un shoot d’une qualité exceptionnelle, précurseur d’une série époustouflante. Graphiquement agréable, musicalement formidable, à l’ambiance oppressante et à l’animation sans faille, Turrican se distingue par une maniabilité au poil, mais une difficulté élevée qui en refroidira plus d’un…

Le saviez-vous ?

  • Turrican vient d’un nom italien « Turricano » que Manfred Trenz, le papa du jeu, a trouvé dans un annuaire de Düsseldorf.
  • Le dessin sur la boîte fut créé par Celal Kandemiroglu.
  • L’image titre de Turrican est inspirée de la pochette de l’album Kings of Metal du groupe Manowar.

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Shadow of the Beast II – Amiga ECS/OCS – 1990

Après avoir triomphé de vos anciens maîtres, vous êtes retourné dans votre village d’origine, où les anciens ont usé de leur science pour vous rendre votre véritable aspect. Après de tendres retrouvailles, vous, votre soeur et son enfant êtes partis vous installer à la frontière du pays, pour y débuter une nouvelle vie. Mais voilà, les démons sont revanchards et lâches; aussi pour vous atteindre, Maletoth a envoyé son bras droit, Zelek, afin qu’il kidnappe l’enfant de votre soeur pendant votre absence. A votre retour, vous la découvrez étendue sur le sol, blessée. Pendant que vous la soignez, elle vous explique ce qui s’est passé; vous décidez alors de partir à la recherche de l’enfant et de vous débarrasser une bonne fois pour toute de Maletoth et de sa horde.

beast2_01Vous dirigez toujours Aarbron, mais celui-ci a retrouvé son apparence humaine. Vous pouvez courir, sauter, lancer votre masse d’arme et vous avez accès à votre inventaire. Ce dernier élément constitue d’ailleurs une des nouveautés du jeu; rappelez-vous dans le premier épisode, les objets que vous récoltiez sur votre passage n’étaient pas accessibles. Vous pouvez maintenant les choisir grâce aux touches de fonction, les utiliser avec le bouton de votre joystick ou les offrir en appuyant sur la touche « o » pour offer (offrir). Le côté aventure du jeu étant donc beaucoup plus développé, vous pouvez également parler à certains protagonistes en appuyant sur la touche « a » pour ask (demander) et en écrivant quelques mots simples. Le personnage est cette fois-ci beaucoup plus maniable, mais il est toujours aussi difficile d’éviter les ennemis que vous n’avez pas le temps de tuer, aussi les potions d’énergie seront des objets très prisés.
N’oubliez pas de ramasser les pièces disséminés sur votre chemin, vous en aurez besoin vers la fin du jeu.

beast2_05Avouons-le, le scénario de cet épisode est beaucoup plus pauvre que celui du premier opus. La couleur est annoncée, Reflection ne compte pas révolutionner le genre, mais propose une simple suite du hit que fut Shadow of the Beast, avec un côté aventure un peu plus approfondi.

icone_graphismesLes graphismes, quoiqu’un peu ternes (en 32 couleurs tout de même sur Amiga), sont d’excellentes qualités et reprennent bien l’ambiance déjà utilisée dans la première partie. Le seul point noir étant, selon moi, à attribuer au look de certains monstres et à l’animation globale de tous les personnages (sauf du héros), enfin rien de bien méchant

beast2_16icone_sonLes musiques quand à elles sont toutes très bien rythmées et très entraînantes, elles proposent une ambiance légèrement tribale et collent vraiment bien au jeu. De plus, elles évoluent au rythme de l’action et contribuent donc grandement à l’impact de certaines scènes. Côté bruitage, pas grand chose à redire, si ce n’est qu’ils sont de bonne facture.

Globalement, Shadow of the Beast II est un excellent soft un peu dur peut-être qui, s’il ne parvient pas à surpasser son aîné graphiquement, propose une aventure tout à fait intéressante (même si elle est linéaire) et avec un bien meilleur gameplay.

Le saviez-vous ?

  • Shadow of the Beast II a été édité sur Atari ST, FM Towns, Megadrive/Genesis et SEGA CD.
  • Le jeu fut sous-titré au Japon Jūshin no Jubaku soit littéralement L’ensorcellement du Seigneur Bête.
  • La musique de la séquence de Game Over est tirée d’une musique de la série Miami Vice – Deux Flics à Miami (S5E1).

Leander – Amiga ECS/OCS – 1991

imageThanatos reste tapi dans sa tanière, se vautrant dans la force vitale, source de puissance, qu’il tire de la Princesse Lucanna. Celle-ci est en train de mourir, prisonnière de la Sphère de Déplétion car ses forces seront bientôt épuisées.Pendant ce temps, Leander, le Capitaine de la garde, s’agenouille devant son maître et lui demande conseil; il s’entend répondre : « La princesse est la balance entre le bien et le mal. Si elle meurt, le bien disparaîtra et le mal submergera le royaume ».

Au fur et à mesure que le pouvoir de Thanatos augmente, le monde succombe sous son étreinte maléfique; Leander doit maintenant faire face et surmonter des dangers pires que ceux qui hantent ses cauchemars les plus noirs, avant de pouvoir libérer la princesse et sauver le royaume…

Leander parviendra-t-il à la Sphère maléfique ?

imageimage« Bon, ben, quand faut y aller, faut y aller ! » C’est à peu de chose près ce que vous vous dîtes juste avant de partir affronter votre destin.

C’est donc peu sûr de vous que vous faîtes vos premiers pas sur la route semées d’embûches qui vous mènera, si tout va bien, devant Thanatos le Maudit. Pour y parvenir, vous devrez parcourir trois mondes splendides mais mortels, composés de sept niveaux chacun.

Dans chacun de ces niveaux, vous devrez partir en quête d’un objet magique afin d’ouvrir la porte sacrée qui mène au niveau suivant. Apparemment rien de plus simple, sauf que les niveaux sont truffés de pièges mortels, hantés par des cohortes de sbires de Thanatos et sont pour la plupart gigantesques (comme si ça ne suffisait pas !).

imageFaut reconnaître qu’on vous aide un peu aussi, car si vous cherchez bien, vous tomberez peut-être sur un magasin paumé en pleine cambrousse, dans lequel une charmante vendeuse vous fera des prix sur les dernières armes et armures à la mode. Alors, pensez bien à récolter toutes les piécettes que laisseront tomber vos ennemis en mourant.

Sauf que vaut mieux ne pas se pointer dans son échoppe les poches à moitié pleine, car les armes les plus efficaces sont à des prix exorbitants. Autant dire qu’il ne faut pas compter vous les offrir dès les premiers niveaux.

imagePour vous protéger des attaques ennemies ou de leur simple contact, vous avez emporté une armure qui change de couleur à chaque blessure. Pour augmenter son pouvoir protecteur, il faudra vous ruer sur les « Fioles Magiques ». N’oubliez pas non plus de ramasser des « Bombes Runiques », ça peut servir, au cas où vous veniez à collecter un « Mauvais Sort » qui convoque automatiquement un croque-mitaine furieux… Bon, y’a aussi quelques vies à récupérer et puis vous pouvez concentrer vos pouvoir pour lancer des attaques fulgurantes, mais je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir par vous-même…

Récapitulons donc, Leander, c’est vingt-et-un niveaux qui vont de assez gros à très gros, pleins de monstres qui se régénèrent assez vite, des « boum-j’t’attrape » qui font mal au fion et de bons gros boss, dont certains qui vous tueront au moindre contact…

… bonne chance !

imageDéveloppé par The Travellers Tales et distribué par Psygnosis, Leander sort en 1991 sur Amiga.

Vous l’aurez donc compris, dans Leander, vous êtes dans une merde noire, mais ne croyez pas une seule seconde que je vais pleurer sur votre misérable sort, car Leander c’est aussi :

  • Un jeu aux graphismes sublimes et à l’animation irréprochable.
  • Des musiques super entraînantes ou des bruitages d’une qualité époustouflantes, au choix.
  • Un jeu de plateformes / aventure où il vous faudra récolter avidement la moindre piécette pour pouvoir acheter des armes mythiques.

imageMais, malheureusement pour vous, Leander, c’est aussi :

  • De grands niveaux qui grouillent de monstres coriaces et de pièges vicelards.
  • Un héros qui a tendance à glisser en fin de course.
  • Un niveau de difficulté rarement atteint dans un jeu Amiga.

Alors, toujours partant ?

imageRécapitulons, servi par une réalisation hors paire, Leander est un petit joyau graphique aux musiques savoureuses. Difficile, voire très Difficile, Leander propose un challenge à la mesure des meilleurs d’entre vous. Serez-vous celui qui vaincra Thanatos sans utiliser les codes de triche ? Rien n’est moins sûr…

Le saviez-vous ?

  • Leander signifie « homme-lion » en grec.
  • On apprend à la fin du jeu qu’une suite du nom de Tigrander aurait dû voir le jour.

Shadow of the Beast – Amiga OCS – 1989

Vous vous appelez Aarbron; vous avez été enlevé lors de votre plus tendre enfance. Depuis cette époque, vous êtes un esclave des adorateurs de la Bête : Maletoth. De nombreuses expériences ont été réalisées sur vous afin de vous conditionner à devenir l’un des fidèles sanguinaires de la Bête. Toutes les potions que l’on vous a fait boire vous ont également affecté physiquement et ont fait de vous un animal assoiffé de sang et en particulier du sang des humains. Le jour de votre ascension au rang d’adepte approchant, vous allez devoir prouver votre dévouement à la Bête en massacrant des humains et ainsi confirmer le potentiel meurtrier que vos maîtres ont descellé en vous. Quand ce jour arrive, dans l’arène, vous êtes tel le bourreau face à ses victimes, vous attendez le signal.
imageDevant vous, vous apercevez trois misérables créatures, un homme et deux femmes; leurs yeux sont fixés sur vous et la peur s’y lit aisément. Cette peur que vous suscitez vous excite, mais tout à coup, tout bascule… ce sont tout d’abord des sensations qui vous tenaillent le ventre puis des images défilent devant vos yeux. Vous voyez vos parents, votre soeur et vous au milieu, heureux; vous êtes instantanément pétrifié par l’horreur car tout devient clair : les êtres humains que l’on vous demande de massacrer sont vos parents et votre sœur. Vous êtes furieux de vous être laissé manipuler par des monstres, c’est eux que vous haïssez désormais.
Dans les gradins plus personne ne bouge, chacun retient son souffle car Maletoth s’est levé, le visage noir, il a compris ce qui vous arrive ; il vous regarde fixement comme s’il désirait vous abattre, mais ce qu’il oublie c’est qu’il a fait de vous une machine froide et sans peur, programmée pour tuer.

Tandis que la clameur monte dans les gradins vous pénétrez dans l’Ombre de la Bête…

imageVous vous en doutez, dans Shadow of the Beast sur Amiga, vous allez incarner Aarbron sous une forme monstrueuse et arpenter le domaine de la Bête, à travers plaine, bois, grottes et château. Votre personnage, véritable machine à tuer, peut sauter, donner des coups de poing et des coups de pied (lorsqu’il saute). Pour accéder à certaines zones et pouvoir progresser dans le jeu, vous devrez récolter des objets (clés, torche, armes). Les ennemis que vous rencontrez sur votre route sont extrêmement diversifiés et semblent tout droit sortis des contes cauchemardesques de Lovecraft, monstres féériques et entités maléfiques, engeances venues d’autres plans, programmés pour le meurtre. En somme l’habituelle faune locale qu’il vous faudra anéantir de bon cœur. Pour survivre, vous disposez d’une unique vie, composée de 12 points d’énergie…

imageDistribué par Psygnosis et développé par Reflections, Shadow of the Beast sort en 1989 sur Amiga.

icone_graphismesSes graphismes somptueux et son animation sans faille font d’emblée de ce jeu un hit incontournable et la vitrine technologique de la machine de Commodore qui sur la promesse de ses visuels alléchants fera vendre des palettes d’Amiga.

icone_techniqueLors des scènes se déroulant en extérieur, le jeu propose jusqu’à treize paralaxes d’une fluidité à faire pâlir n’importe quel programmeur. Les couleurs sont chatoyantes, chaque pixel vous immergeant dans un univers fantasmagorique.
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icone_difficulteMais, si le jeu est magnifique et le mot est faible, la difficulté s’avère vite très élevée et le peu de potions d’énergie disséminées sur votre route ne suffisent pas à compenser vos blessures. Les ennemis arrivent par vagues successives et pour les détruire, il faut d’une, connaître le parcours sur le bout des doigts et de deux, frapper au dixième de seconde près; les bestioles peuvent venir de devant comme de derrière et parfois des deux côtés en même temps; en bref, vous êtes constamment assailli et il devient vite difficile d’éviter les blessures. Si vous échouez, ne subsistera de vous qu’un maigre tas d’os, vestige d’une vie de martyre.

La difficulté vient donc gâcher le plaisir de jouer à un jeu aussi magnifique, et ceux qui ont acheté ou se sont procurés ce jeu à l’époque ont du très vite s’arracher les cheveux (je confirme car ce fut le premier jeu que j’ai acheté sur Atari 520 STe). Néanmoins, Shadow of the Beast reste un jeu symbôliquement fort de l’Amiga, la vitrine d’une époque vidéo-ludique faite de palettes de couleurs léchées, de paralaxes nombreuses et lisses, de scrolling multi-directionnels hallucinants. Un univers qui, pour ceux qui l’ont connu, n’a pas pris une ride ou si peu, même lorsqu’il est mâtiné d’une difficulté harassante.

Le saviez-vous ?

  • Shadow of the Beast est également sorti sur Amstrad CPC, Atari ST, Commodore 64, FM Towns, Megadrive/Genesis, Lynx, Master System, TurboGrafx CD et ZX Spectrum.
  • Au Japon le jeu reçu le sous-titre Mashō no Okite soit littéralement La Loi de la Cruauté.
  • Le jeu est composé de 350 écrans, affiche 50 images par seconde, 128 couleurs au maximum, a 132 monstres à son bestiaire et a été réalisé en neuf mois.
  • Le jeu fut édité en boîte grand format avec deux disquettes, le manuel, ainsi qu’un T-shirt noir estampillé du titre.


Toki – Amiga ECS / OCS – 1991

20130802-203046.jpgAu commencement, il y eut Juju Densetsu, la Légende de Juju, édité par TAD Corporation au Japon en décembre 1989. Le jeu connaissant un succès bien mérité, nous verrons pourquoi, il sera distribué hors de l’archipelle nippone par Fabtec sous le doux nom de Toki. Alors pourquoi Toki  ? Et bien pour la petite histoire, Tadashi YOKOHAMA, le président de TAD, proposa le prénom de son fils Toki pour représenter le jeu à l’international. Voilà pourquoi vous incarnez donc Toki, un petit gars coulant des jours paisibles aux côtés de sa fiancée Miho dans une contrée reculée au fin fond d’un pays lointain. Ainsi, comme dirait Candide, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où Vookimedlo, le méchant sorcier du pays d’à côté, qui est franchement vilain soit dit en passant, passe par là et décide que votre aimée deviendra son aimée. D’où le dilemne. Aidé de l’un de ses sbires, Bashtar, Vookimedlo l’enlève pendant que vous avez le dos tourné. Alerté par les cris de Miho, vous vous précipitez sur les lieux du drame, mais Vookimedlo, comme tout méchant qui se respecte a plus d’un tour dans sa manche et dans son sac et vous transforme en un chimpanzé insignifiant, certain que sous cette forme il n’aura jamais à se soucier de votre courroux. Si la méchanceté de Vookimedlo n’est plus à démontrer, sa débilité non plus, aussi en vous transformant, il vous a par mégarde doté de la faculté de cracher des boules de feu destructrices qui font très très mal. Ça s’est apparemment joué à une syllabe près lors de l’incantation de la formule magique, un truc du style « Clatu Verata Nectarine » au lieu de « Clatu Verata Nictu », une broutille pour Vookimedlo, certes, mais une broutille qui aura son importance, nous le verrons… Aussi, au bord du gouffre mais ravigoté par ce frèle espoir, vous vous lancez au secours de la belle et n’avez qu’une idée en tête : anéantir Vookimedlo et sa horde purulente.

20130801-194407.jpgVoici donc dressée en quelques lignes l’intrigue du jeu, intrigue étant un bien grand mot, il faut l’avouer.
Dans la peau de Toki, un chimpanzé donc, vous vous élancez à la poursuite de Vookimedlo dans l’espoir de délivrer Miho. Miho, qui soit dit en passant endosse bien malgré elle le rôle de la conne de service, toujours prompte à se foutre dans une merde pas possible, rôle qu’a toujours si bien tenu et assumé la pathétique princesse Peach de Super Mario Bros. Bref, passons…
Pour atteindre votre ennemi désormais juré, le jeu vous invite à traverser six mondes truffés de piéges et peuplés par un bestiaire qui leur sont propre. Ainsi, après vous être extirpé du Labyrinthe de Cavernes, vous devrez survivre dans les eaux sumâtres du Lac Neptune, résister à la chaleur torride des Cavernes de Feu, pour ne pas choire sur les pentes glissantes du Palais de Glace, avant d’affronter l’atmosphère étouffante de la Jungle Sombre et atteindre enfin le Palais Doré où se terre ce pourri de Vookimedlo. Précisons que l’issue de chacun de ces mondes est farouchement gardée par un boss, qui, comme par hasard, s’est juré de vous réduire à néant si par aventure vous vous risquiez à suivre la trace de leur maître. Classique quoi.

20130801-194723.jpgPour anéantir les ennemis qui se dressent devant vous, inconscients de la rage qui vous anime, vous aurez le choix entre leur sauter sur la tête pour les estourbir en quelques bonds suivant leur résistance, tactique oh combien risquée car cela vous obligera à vous rapprocher dangereusement d’eux ou bien d’user de votre tout nouveau pouvoir et de les vaporiser grâce à vos crachats enflammés, à distance donc et dans toutes les directions. Pour se faire, une simple pression prolongée sur le bouton feu de la manette suffira à enclancher votre tir qu’il vous faudra ensuite orienter à bon escient. Les puristes de la version arcade regretteront soit dit en passant le bouton réservé au saut car ici il vous faudra actionner la manette vers le haut pour bondir. Les autres n’y verront qu’un détail.

Pour vous aider dans votre progression, des bonus divers et variés joncheront votre parcours : le casque vous protègera contre les attaques frontales, tandis que le petit Toki vous récompensera d’une vie supplémentaire et j’en passe volontairement pour vous laisser la surprise. Notez qu’en détruisant certains ennemis, vous récolterez certaines améliorations pour votre puissance de feu.

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Développé par une équipe française d’Ocean, Toki sort en 1991 sur Amiga.

icone_techniqueQue dire de Toki sur Amiga, sinon qu’il figure parmi les conversions les plus réussies ayant vues le jour sur la machine de Commodore. Le jeu est ultra coloré, exploitant à merveille les trente-deux couleurs affichables simultanément par la machine. Les sprites sont de bonne taille et sont en outre plus que fidèles à ceux d’origine. Le jeu profite de la puissance de l’Amiga pour afficher avec brio une parallaxe de fond, produisant ainsi un scrolling différentiel du plus bel effet. On notera toutefois que le dit scrolling a été programmé sur Amiga pour s’interrompre à des endroits stratégiques afin de masquer la suite du décor et augmenter artificiellement la difficulté, révélation du programmeur lui-même, monsieur Michel Janicki. À ceux qui s’en sont plaints ou qui s’en plaignent encore, je leurs dirai ceci, ce petit tour de passe-passe n’existe pas sur la version Atari ST (qui rame un max soit dit en passant) et le jeu n’en est que trop facile, voire désarmant de facilité…

icone_sonMusicalement parlant, Toki sur Amiga, c’est l’extase pour les tympans. Les musiques du jeu original sont sublimées par Paula, le mythique processeur sonore de la bête de Commodore et Pierre-Éric Loriaux, le musicien, s’est même payé le luxe d’en composer des nouvelles que vous n’êtes pas prêts de vous sortir de la tête. On regrettera juste que Paula ne gèrent nativement que quatre voix car les bruitages, la plupart du temps, viennent en écraser une, la batterie, dommage.

icone_difficulteTout comme en Arcade, la difficulté est progressive, mais certains passages vers la fin vous rendront peut-être dingue, tant certains enchaînements doivent être exécutés au millimètre près. Pour autant, la durée de vie n’en est que rallongée !

Au final, Toki sur Amiga est une petite pépite qui saura certainement reprendre au piège les accrocs de la première heure (je confirme !). Esthétiquement agréable, aux sonorités mélodiques, très jouable, ce jeu propose un challenge raisonnable. Il a donc tout pour vous plaire.

Le saviez-vous ?

  • Ou plutôt, L’aviez-vous remarqué ?, la version Arcade ne propose que deux musiques de stage.
  • Il aura fallu dix mois aux équipes de Tad pou développer le jeu, développement qui pris fin le 6 novembre 1989.
  • Au total, Tad vendit près de 5600 PCB de la version Arcade.
  • Toki aurait dû sortir sur Amstrad GX 4000 et sur ZX Spectrum.
  • Un prototype du jeu pour la console Atari 7800 existe, il daterait de 1993, mais n’a pas encore été diffusé sur la toile.

Et pour tout connaître sur TOKI version Arcade, je vous invite à regarder l’émission BackintoysTV qui lui est consacrée :

Second Samuraï – Amiga AGA/ECS/OCS – 1993/1994

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second_samurai_01Après l’affrontement épique du bien contre le mal, le Roi des Démons chercha refuge loin dans le temps : là où sa magie serait oubliée et où il pourrait panser ses blessures et recouvrer ses pouvoirs.

Mais il n’avait pas compté avec la volonté d’un jeune guerrier samuraï. Celui-ci suivit le Démon jusque dans l’ancien Japon, puis dans le Japon du 24e siècle et pour finir, il défia le Démon dans son royaume de la montagne où le Roi était prêt à tout pour l’anéantir.

second_samurai_02Enfilez le petit kimono en satin que vous réservez à vos invités lors des soirées très chaudes que vous organisez chez vous une fois par mois, décrochez du mur le katana bon marché que vous vous êtes offerts durant la dernière Foire Grasse et qui prend la poussière et voilà, vous êtes fin prêt à partir à l’aventure pour affronter le Roi des Démons et ses sbires de merde.

second_samurai_03Pour remplir votre mission, seul ou accompagné d’un ou d’une amie, vous devrez parcourir de long en large trois mondes de grande taille, décomposés en sous-niveaux : le Japon moyenâgeux, celui du 24ième siècle et enfin, le Royaume de la Montagne où se prélasse votre ennemi en vous attendant.

Sur votre route, vous pourrez récolter quelques options d’armement et bonus en tout genre qui vous aideront dans votre progression. Citons par exemple les pommes et les poulets qui, respectivement, vous rendront quelques points de vies ou restaureront entièrement votre santé. Ainsi que les petites bouteilles qui vous donneront une vie supplémentaire.

second_samurai_04Concernant les armes que vous ramassez, elles apparaissent dans votre inventaire et vous pouvez passer de l’une à l’autre en appuyant sur la touche « Shift » correspondant à votre joueur. Pour en sélectionner une, il suffit d’exercer une pression suffisamment longue sur le bouton feu de votre joystick. Le livre de magie jaune vous permettra d’invoquer un katana magique, ce qui vous épargnera de combattre à mains nues, le rouge déclenchera un déluge de feu magique et le vert vous rendra invulnérable. Vous serez peut-être également content de pouvoir récolter des couteaux de lancer, des bombes incendiaires ou des crânes à tête chercheuse.

second_samurai_05Que tous ces objets magiques ne vous fassent pas oublier de fracasser un maximum de vases ensorcelés qui, sous vos coups, libéreront une ou plusieurs étincelles , qui viendront augmenter le niveau de la barre située au centre de votre inventaire. Seule une barre entièrement blanche à la fin du jeu vous donnera accès à la séquence de fin. Bon courage !

Pour passer d’un niveau à l’autre, ou pour explorer une zone bonus, vous utiliserez les sphères de téléportation en vous maintenant à leur hauteur et en restant appuyé sur feu.

second_samurai_06Développé par Vivid Image et distribué par Psygnosis, Second Samuraï sort en 1993 sur Amiga ECS/OCS et en 1994 sur Amiga AGA.

icone_graphismesGraphiquement, le jeu est très agréable lors du premier monde reproduisant un paysage de Japon médiéval de toute beauté et peuplé de bêtes et de boss dessinés dans un style fantasy. Malheureusement, le deuxième niveau est beaucoup plus convenu, voire laid avec ses décors futuro-simplistes et ses robots assimilables à des boîtes de conserves en mouvement.

second_samurai_07icone_sonD’un point de vue sonore, l’ensemble est ultra-convaincant avec des musiques entraînantes, en harmonie avec l’ambiance visuelle de chaque niveau. Les bruitages sont d’excellente facture, notamment lorsque l’on déclenche un déluge de feu magique, toujours accompagné d’une explosion symphonique surprenante.

icone_techniqueL’animation n’est pas en reste puisque, que ce soit à mains nues ou muni d’une arme, votre samuraï se débrouille à merveille sur fond de scrollings très fluides.

second_samurai_08icone_difficulteOn notera que la difficulté est progressive et devrait permettre à la plupart d’entre vous d’accéder sans trop de difficulté au deuxième monde.

En résumé, Second Samuraï est un jeu de plateformes de qualité. Graphiquement splendide au début, quelconque au milieu, musicalement très honnête et plus que jouable, il ravira les petits comme les grands.

 Le saviez-vous ?

  • Il existe une version Megadrive de Second Samurai qui n’a rien à voir graphiquement avec la version Amiga.

Rod-Land – Amiga ECS/OCS – 1991

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rodland_01Quelque chose de très étrange est arrivé dans le village des Fées ! Qu’a-t-il bien pu se passer pour transformer les habitants qui étaient de gentils gars sociables en démons duveteux. Ces derniers ont ensuite enlevé la tendre maman de Tam et Rit, deux petits anges féériques. Elle est désormais maintenue captive au sommet de la tour Maboots et attend d’être sauvée.

Il n’y a qu’une seule chose à faire : Tam et Rit doivent enfiler leurs chaussures arc-en-ciel que leur ont donné les Anciens et, armés des Bâtons de Shisanomo, un cadeau de leur père, il doivent partir afin de remettre de l’ordre dans tout ce qui ne tourne pas rond.

rodland_02Ni une, ni deux, vous enfilez vos moon boots, et muni de tout un assortiment de jolis petits bâtonnets ouatés, vous vous apprêtez à escalader naïvement le château d’eau le plus proche de chez vous.

STOP ! Arrêtez ! Eteignez-moi de suite les petites étincelles qui scintillent dans vos yeux et reprenez vos esprits. Vous démarrez au quart de tour, vous ! Ah ben, si j’vous avais pas arrêté, vous seriez p’t’être en train de gravir la tour eiffel avec une plume dans l’c*l…

rodland_03Non, vous incarnez un des deux charmants bambins du jeu et vous vous élancez tête la première pour secourir votre môman.

Ah, ah, ah ! Je me marre d’avance devant la tronche que vous allez tirer quand vous allez apprendre qu’il vous faudra traverser 40 niveaux hantés par des monstres qui étaient autrefois des membres de votre chère communauté. Bon, alors, méf, ne dézinguez personne, mais servez-vous plutôt de votre bâton pour les faire disparaître. Les bâtons de Shisanomo ayant l’étrange faculté d’agripper fermement tout ce qui se trouve à leur portée, il vous suffira de leur faire mordre la poussière trois fois pour arriver à vos fin.

rodland_04En disparaissant, chaque monstre libérera une arme spéciale que vous pourrez utiliser dans la foulée ou au moment opportun.

Lorsque vous détruirez un ennemi avec l’une de ces armes, celui-ci libérera un bonus fruité qui flattera votre palais.

N’oubliez pas que vous avez des chausures arc-en-ciel hérités de vos Ancêtres; aussi, en appuyant sur « Feu » et en allant vers le « Haut » vous créerez automatiquement une échelle magique afin d’accéder plus rapidement à une plateforme ou à des fleurs, autrement inaccessibles. Sachant que chaque fois que vous ferez apparaître une nouvelle échelle, la précédente disparaîtra. Niark, niark !

rodland_06Chaque niveau est parsemé de fleurs que vous pourrez récolter afin de basculer en mode bonus, durant lequel les monstres auront mués, et libéreront après leur destruction cinq lettres, qui seront comptabilisées dans le menu. Si vous parvenez à compléter le mot « EXTRA« , une bonne fée vous offrira une vie.

Pour corser votre aventure, tous les dix niveaux, vous devrez affronter un bon gros boss des familles bien gigantesque, qui devrait, je n’en doute pas, vous donnez du fil à retordre.

Voilà, vous pouvez ôter vos moon boots à présent…

rodland_06Développé par The Sales Curve et édité par Storm, Rod-Land sort en 1991 sur Amiga.

Que dire de Rod-Land sinon que c’est un « Bubble Bobble-Like », c’est à dire un jeu alternant les niveaux fixes dans un univers clairement « kawai » (mignon en japonais).

icone_graphismesConversion de la borne d’Arcade de Jaleco, Rod-Land est une vraie réussite sur Amiga. Archi fidèle graphiquement, malgré les 32 couleurs de base, la version Amiga est certes un peu plus terne, mais retranscrit avec brio l’univers coloré qui vit au coeur de la tour de Maboots. De plus, la taille de l’écran à été conservé, mais les infos qui étaient incrustées en Arcade apparaissent désormais dans une barre latérale joliment illustrée.

rodland_07icone_sonMusicalement parlant, c’est du tout bon aussi, les musiques sont guillerettes, quoiqu’un peu répétitives à la longue et les bruitages à la hauteur de la machine de Commodore.

icone_techniqueL’animation des sprites est sans faille, par contre, je trouve le personnage plus lent qu’en Arcade. Certainement un réglage pour corser le jeu.

icone_difficulteLa difficulté étant progressive, vous n’aurez aucun mal à vous hisser jusqu’au deuxième boss qui devrait commencer à vous causer quelques ennuis.

rodland_08Dans l’ensemble, ça reste suffisamment accessible pour ne pas rebuter les plus jeunes d’entre vous.

Au final, Rod-Land sur Amiga est une excellente conversion aussi agréable à jouer que l’original. Mignon tout plein, joliment bigaré, on en croquerait presque tellement chaque petit pesonnage ressemble à s’y méprendre à une sucrerie. On regrettera simplement que le personnage principal soit un peu lent, ce qui tend à corser naturellement la difficulté. Du beau travail accompli par The Sales Curve.

Le saviez-vous ?

  • La version Arcade propose une version alternative du jeu disposant de 31 niveaux suplémentaires. Pour y accéder, il suffit de mettre des crédits au début du jeu, de faire trois fois Bas, puis Start. Pour retrouver le mode original, remplacer trois fois Bas par trois fois Haut.
  • Le titre japonais du jeu est sous-titré Yōsei Monogatari, ce qui signifie Un Conte de Fées.
  • Une version iOS a été éditée par DotEmu en 2011.