Menace – Amiga OCS – 1988

Votre mission est simple, vous devez détruire la planète Draconia. En théorie possible, mais en pratique…

Draconia est une planète artificielle créée durant des centaines d’années par six des tyrans les plus craints, ayant jamais existé. Ces derniers, exilés depuis leur galaxie natale, ont ravagé et pillé l’espace, puis ont utilisé les mondes qu’ils avaient détruit et les formes de vie qu’ils avaient créées, pour construire cette planète de crainte et de mort.

Aujourd’ui, il est temps de mettre un terme à leur règne de terreur. Une attaque de grande envergure se révélerait trop coûteuse en vies humaines pour notre flotte, car Draconia possède de nombreux systèmes de défence en orbite. Aussi, seul un vaisseau de combat, approchant sans se faire détecter, a peut-être une chance de détruire Draconia et de venger tout ceux qui ont pérri.

Cette chance… c’est la votre…

Ha ha ! Ça me fait toujours doucement rigoler lorsque je lis pour la première fois l’histoire sur laquelle repose un shmup. Autant dire qu’il ne repose sur rien et n’en parlons plus…

Bon, soyons indulgent, comme la plupart des shmups qui ont hanté notre bonne vieille machine, Menace n’a absolument pas besoin de scénario pour justifier son existence. Tout ce que vous devez savoir, c’est que des aliens complètement fous (les méchants) ont décidés, un beau jour, de foutre la merde dans l’univers, et que vous (le gentil, mais aussi le con de service) avez été envoyé, seul :)), afin de régler la situation.

Vous partez donc, la fleur au fusil, exécuter la racaille de l’univers, une larme à l’oeil en pensant aux gens qui vous font confiance…

Aux commandes de votre boîte de conserve dernier cri , dont le bouclier protecteur baisse à la moindre chiquenaude, vous allez devoir traverser six environnements regorgeant de monstres mauvais et de boss furax (les tyrans).

Equipé d’un armement plus que rudimentaire, vous devrez zigouiller des vagues entières afin de pouvoir récolter une des options qui symbolisera votre salut.

Tout d’abord, si vous êtes avide de points ou d’argent, voire les deux, vous vous jetterez à chaque fois comme un dératé sur la première option disponible ; et vous n’aurez aucune chance de survie.

Les plus malins d’entre vous, comprendront bien vite, qu’il est préférable de tirer avec frénésie sur cette option, afin d’en modifier l’intérêt.

Dans l’ordre, vous pourrez obtenir une mitrailleuse, un laser, de la vitesse, un voire deux satellites orientables, un champ de force (qui vous rendra invulnérable quelques instants) et enfin une option vous permettant de régénérer votre bouclier faiblissant.

Précisons qu’il vous faudra faire preuve de rapidité afin d’obtenir la tant convoitée dernière option, tant il est difficile de les faire changer en tirant dessus…

De plus, si vous pouvez combiner mitrailleuse et laser, ces deux options vous sont fournies en quantité limité, il faudra donc souvent les recharger.

Je tiens à vous avertir qu’une fois que vous aurez sélectionné un ou deux satellites, vous devrez faire attention qu’ils ne soient pas touchés par un ennemi ou l’un de ses tirs, sinon, votre bouclier en subira les consèquences et vous avec. Une option, donc, à choisir avec la plus extrême prudence et en connaissance de cause. 😉

Développé par DMA Design et distribué par Psygnosis, Menace sort en 1988 sur Amiga.

Comme vous l’aurez compris, Menace est un shmup qui ne brille pas par l’originalité de son scénario.

Par contre, graphiquement, pour l’époque, ce jeu est une bonne surprise…

Non content d’afficher plus d’une quarantaine de couleurs, Menace se paye le luxe d’animer, de la façon la plus fluide qui soit, une parallaxe de fond, dans une fenêtre aux dimensions plus qu’honorables. Inutile de vous préciser à quel point j’aime les parallaxes, en tout cas pour un jeu de 88, ça fait vraiment plaisir d’en avoir une de cette qualité.

Les décors sont agréables et changent du tout au tout d’un niveau à l’autre, allant du bio-organique au futuriste.

Côté sonore, le tableau est un peu moins rose. En effet, vous n’aurez droit qu’à une seule composition musicale durant tout le jeu. Même si elle sonne plutôt bien (dans ses premières écoutes), elle a tendance à être répétitive et à devenir gavante. Les bruitages, quant à eux, n’apportent rien du tout, ils sont quelconques, mis à part les petites voix digits qui sanctionnent la collecte d’une option et le « Danger ! Danger ! » vous avertissant de la rencontre imminente avec un boss.

Côté maniabilité, le jeu est bien servi. Votre vaisseau bouge bien et sa vitesse de départ vous permettra d’éviter les attaques de vos ennemis.

Bon, par contre, Menace se révéle très vite être un jeu hyper difficile. Premièrement, il est toujours délicat d’obtenir l’option qui vous fait défaut, tant il faut s’acharner dessus pour qu’elle change d’aspect. Deuxièmement, la collecte de satellites rend, honteusement, votre vaisseau encore plus vulnérable, car cela double quasiment la hauteur du masque de collision. Un choix difficilement compréhensible…

Pour conclure, je dirais que malgré quelques défauts le rendant très dure à finir, ainsi qu’une répétitivité des niveaux dans leur séquences d’action, Menace est une excellente surprise vu son âge, qui ne manquera pas de séduire les acharnés du manche à balai.

Le saviez-vous ?

  • Le jeu aurait dû s’appeler DRACONIA, mais fut rebaptiser MENACE du fait de la publication la même année de Draconus, un jeu Commodore 64 de Zeppelin.
  • Menace porta également au préalable le nom de COPPERCON1.
  • À l’origine, certains niveaux s’appelaient « Irem Battlestation », « Konamian Graveyard » et « Jungles of Capcom », mais ce fut modifié à la dernière minute.

Second Samuraï – Amiga AGA/ECS/OCS – 1993/1994

second_samurai_titre

second_samurai_01Après l’affrontement épique du bien contre le mal, le Roi des Démons chercha refuge loin dans le temps : là où sa magie serait oubliée et où il pourrait panser ses blessures et recouvrer ses pouvoirs.

Mais il n’avait pas compté avec la volonté d’un jeune guerrier samuraï. Celui-ci suivit le Démon jusque dans l’ancien Japon, puis dans le Japon du 24e siècle et pour finir, il défia le Démon dans son royaume de la montagne où le Roi était prêt à tout pour l’anéantir.

second_samurai_02Enfilez le petit kimono en satin que vous réservez à vos invités lors des soirées très chaudes que vous organisez chez vous une fois par mois, décrochez du mur le katana bon marché que vous vous êtes offerts durant la dernière Foire Grasse et qui prend la poussière et voilà, vous êtes fin prêt à partir à l’aventure pour affronter le Roi des Démons et ses sbires de merde.

second_samurai_03Pour remplir votre mission, seul ou accompagné d’un ou d’une amie, vous devrez parcourir de long en large trois mondes de grande taille, décomposés en sous-niveaux : le Japon moyenâgeux, celui du 24ième siècle et enfin, le Royaume de la Montagne où se prélasse votre ennemi en vous attendant.

Sur votre route, vous pourrez récolter quelques options d’armement et bonus en tout genre qui vous aideront dans votre progression. Citons par exemple les pommes et les poulets qui, respectivement, vous rendront quelques points de vies ou restaureront entièrement votre santé. Ainsi que les petites bouteilles qui vous donneront une vie supplémentaire.

second_samurai_04Concernant les armes que vous ramassez, elles apparaissent dans votre inventaire et vous pouvez passer de l’une à l’autre en appuyant sur la touche « Shift » correspondant à votre joueur. Pour en sélectionner une, il suffit d’exercer une pression suffisamment longue sur le bouton feu de votre joystick. Le livre de magie jaune vous permettra d’invoquer un katana magique, ce qui vous épargnera de combattre à mains nues, le rouge déclenchera un déluge de feu magique et le vert vous rendra invulnérable. Vous serez peut-être également content de pouvoir récolter des couteaux de lancer, des bombes incendiaires ou des crânes à tête chercheuse.

second_samurai_05Que tous ces objets magiques ne vous fassent pas oublier de fracasser un maximum de vases ensorcelés qui, sous vos coups, libéreront une ou plusieurs étincelles , qui viendront augmenter le niveau de la barre située au centre de votre inventaire. Seule une barre entièrement blanche à la fin du jeu vous donnera accès à la séquence de fin. Bon courage !

Pour passer d’un niveau à l’autre, ou pour explorer une zone bonus, vous utiliserez les sphères de téléportation en vous maintenant à leur hauteur et en restant appuyé sur feu.

second_samurai_06Développé par Vivid Image et distribué par Psygnosis, Second Samuraï sort en 1993 sur Amiga ECS/OCS et en 1994 sur Amiga AGA.

icone_graphismesGraphiquement, le jeu est très agréable lors du premier monde reproduisant un paysage de Japon médiéval de toute beauté et peuplé de bêtes et de boss dessinés dans un style fantasy. Malheureusement, le deuxième niveau est beaucoup plus convenu, voire laid avec ses décors futuro-simplistes et ses robots assimilables à des boîtes de conserves en mouvement.

second_samurai_07icone_sonD’un point de vue sonore, l’ensemble est ultra-convaincant avec des musiques entraînantes, en harmonie avec l’ambiance visuelle de chaque niveau. Les bruitages sont d’excellente facture, notamment lorsque l’on déclenche un déluge de feu magique, toujours accompagné d’une explosion symphonique surprenante.

icone_techniqueL’animation n’est pas en reste puisque, que ce soit à mains nues ou muni d’une arme, votre samuraï se débrouille à merveille sur fond de scrollings très fluides.

second_samurai_08icone_difficulteOn notera que la difficulté est progressive et devrait permettre à la plupart d’entre vous d’accéder sans trop de difficulté au deuxième monde.

En résumé, Second Samuraï est un jeu de plateformes de qualité. Graphiquement splendide au début, quelconque au milieu, musicalement très honnête et plus que jouable, il ravira les petits comme les grands.

 Le saviez-vous ?

  • Il existe une version Megadrive de Second Samurai qui n’a rien à voir graphiquement avec la version Amiga.

Blood Money – Amiga OCS – 1989

blood_money_titreblood_money_01Il faut croire que vous aimiez tuer.

Tout petit déjà, vous anéantissiez des colonies entières de fourmies et ne manquiez jamais d’écraser un malheureux escargot trop imprudent.

Puis vous avez grandi et vous avez voulu étancher votre soif de tueries sur des animaux plus gros. Tout y est passé : veaux, vaches, cochons… Alors, comme vous commenciez à foutre une merde pas possible, les gens ont décidé de vous bannir de la Terre avec pour seule fortune deux-cents malheureux dollars en poche et, en prime, un coup de pompe au cul (En fait, autant de coups de pompe qu’il y avait de gens mécontents, ce qui a fini par laisser des marques).

blood_money_02Errant dans l’espace, de planète en planète, vous êtes un jour tombé sur un organisateur de safaris planètaires. Un type pas clair qui, pour une somme modique, vous proposait de « nettoyer » quatre planètes.
Pour 100$, vous pouviez vous faire une sorte de gros astéroïde, sur lequel avait été installé un complexe spatial louche. Avec 200$, le type vous laissait à la surface d’une planète quasiment recouverte d’eau où, mollusques et crustacés étaient légion. Pour 300$, vous aviez droit à une planète de glace et enfin pour 400$, à une planète de feu.

Seulement voilà, vous étiez un peu fauché, donc vous ne pouviez choisir qu’entre les deux safaris les moins chers.

blood_money_03Qu’à cela ne tienne, le type ne manque pas de vous expliquer que les habitants de ces planètes sont pleins aux as, et que toute victime laissera derière elle un joli pour boire . ;p

Il vous averti également que vous ne serez pas accueilli les bras ouvert et que le challenge sera corsé. Mais, il ne manque pas de préciser que vous trouverez très régulièrement sur votre route des échoppes auprès desquelles vous pourrez augmenter votre puissance de feu.

N’écoutant que votre envie de destruction, vous faîtes rapidement votre choix et vous vous apprêtez à récolter l’argent du sang versé (The Blood Money, quoi…).

blood_money_04Développé par DMA Design et distribué par Psygnosis, Blood Money est la suite de Menace et sort en 1989 sur Amiga.

Graphiquement, Blood Money est un jeu assez inégal, je m’explique…
Si l’introduction est d’excellente facture (inutile, certes, mais d’excellente facture tout de même), les différents niveaux que vous devrez traverser n’ont absolument pas le même impact visuel. Le premier, la base lunaire, est très moyen et ne laisse en rien augurer de ce qui vous attends dans le deuxième. En effet, préparez-vous à vous prendre une bonne grosse claque tant les animations des méduses sont splendides et les pinces de crabes impressionnantes. Ce niveau, à lui seul, devait justifier l’achat de ce jeu à l’époque. Les deux derniers niveaux étant corrects, avec une petite préférence pour le monde de feu.

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blood_money_05Le scrolling est multi-directionnel, ce qui veut dire qu’il alterne séquences horizontales et verticales (il avance lentement mais sûrement). De plus, vous pouvez diriger votre personnage vers la droite ou vers la gauche, afin de faire face aux hordes qui vous assaillent.

Côté sonore, vous avez le choix entre les bruitages et les musiques. Si les premiers sont quelconques, mais efficaces, la musique, elle, est d’excellente facture. Par contre, c’est la même du début jusqu’à la fin; alors, elle risque de devenir lassante…

Du point de vue de la maniabilité, si vous achetez un peu de vitesse, vous devriez manoeuvrer votre personnage assez facilement.

blood_money_06Le jeu est tout à fait jouable, à condition de très vite augmenter la puissance de feu de votre engin. Achetez d’emblée les deux tirs frontaux afin de pouvoir vous débarrasser plus facilement des ennemis accrochés aux parois. Augmentez ensuite la porté de votre armement et pour finir choisissez le tir arrière et les mines (elles sont très destructrices).

La difficulté est le gros point noir de ce jeu. Vous êtes attaqué de tout côté et devez souvent vous faufiler dans des endroits très étroits, la moindre touchette entamant dramatiquement votre énergie. En contre partie, les boss ne sont pas très durs à battre.

En résumé, fort d’un niveau aquatique de toute beauté, Blood Money est un excellent jeu qui a marqué à tout jamais de nombreux joueurs. Par contre, le jeu est plombé par une difficulté à faire pâlir les plus forts et les niveaux sont d’une longueur incroyable (comptez une quinzaine de minutes chacun !!).

Ork – Amiga ECS/OCS – 1992

ork_titreTéléporté depuis le vaisseau Légion Cisskei à la surface de la planète Ixion, Ku-Kabul, aspirant au grade de capitaine, doit faire face aux dangers et passer les tests qui ont été spécialement placés sur cette planète afin qu’il puisse prouver sa valeur. Le moindre échec et s’en sera fini de sa carrière d’officier commandant la Légion… pour toujours.

ork_01Vous jouez donc le rôle de Ku-Kabul, un vieux briscard dans une armée alien lambda, perdu aux confins de l’espace. Comme vous êtes quand même un poil ambitieux, un beau matin, vous avez décidé que vous en aviez ras la couane d’être lieutenant et qu’il était temps pour vous de passer le grand test qui vous permettrait d’être promu au grade de Capitaine.

Seulement voilà, si vous avez hésité si longtemps avant de passer ce foutu test, c’est qu’il y a une bonne raison… Alors, on aurait pu vous demander de marcher pieds nus sur des charbons ardents, ou lécher le #@¤ d’un Krobaltec à poils visqueux. Mais non, rien de tout ça ! Vous allez devoir survivre à la surface d’une planète qui vous est totalement inconnue et traverser cinq niveaux bourrés à craquer de pièges et de puzzles et accessoirement hantés par une faune locale plus que virulente.

ork_03Ah ça, des puzzles, vous allez en bouffer et par paquets de douze, ramasser des objets pour dénicher la clé qui ouvre la boîte perchée au fin fond d’un @&*%£µ de labyrinthe, voilà ce qui vous attend. Enfin moi c’que j’en dis… C’est vous après tout qui voulez devenir capitaine….

Bon, pour survivre plus de deux minutes dans cet enfer biologique, on vous a tout de même permis de vous glisser dans une combinaison de combat intelligente, joliment appelée ORK. Munie de deux sulfateuses et de réacteurs ascensionnels, cette combinaison est une grosse gourmande que vous allez devoir nourrir en permanence : genre, récupérer des munitions ou bien du carburant pour ses réacteurs qui biberonnent sec.

ork_06Si vos pulsations cardiaques commencent à baisser en intensité, je vous conseille de sauter sur de l’énergie, ça court pas les rues, mais ça a le mérite de faire du bien par où ça passe.

Ah oui, j’allais oublier, pour utiliser un objet spécial que vous avez ramassé, il suffit d’appuyer sur la barre d’espace et de le choisir avec les directions droite / gauche. Connectez-vous aussi de temps en temps aux ordinateurs du système, vous pourriez y dénicher des indices importants concernant les objets que vous ramassez. Ou alors, si vous possédez un scanner, vous ne manquerez pas de consulter la carte, car c’est grand et on se perd très vite sur cette planète de %@£µ&… Accessoirement, vous pourrez aussi y sauvegarder votre position, ça peut toujours servir.

ork_08Développé par WJS Design et distribué par Psygnosis, Ork sort en 1992 sur Amiga.

Une chose est sûre : jouer à Ork ne laisse pas indifférent; soit on aime, soit on déteste. Alors, essayons de comprendre pourquoi une telle passion autour de ce jeu. (là, j’en rajoute, mais vous l’avez déjà compris…).

icone_graphismesGraphiquement, je ne pense pas que l’on me contredira si je dis que ce jeu est magnifique. Proposant des décors bio-organiques, affichant 64 couleurs sur trois plans de toute beauté, Ork est clairement un hymne au fantastique et à l’étrange, recette déjà exploitée avec succès par les pontes de chez réflections. Dans Ork, on n’en finit pas de croiser des êtres surnaturels et flippants, hommages à la trilogie Shadow of the Beast [SotB II, SotB III]
Par contre, tout comme dans Agony, on ne pourra que regretter que les monstres que vous affrontez arborent le plus souvent les mêmes couleurs que les décors dans lesquels ils évoluent. Un petit bémol, donc, mais rien de dramatique.

ork_10icone_sonCôté sonore, l’écran titre propose une musique de bonne facture, très longue et se laissant écouter avec plaisir. Par contre, pendant le jeu, vous n’aurez droit qu’à des bruitages; sulfateuses lourdes sur fond de gémissement venus de loin. Pour ma part, c’est un petit regret. J’avais lu dans le Génération 4 de l’époque, testant Ork : « La musique quand tu meurs, elle est à mourir », et en effet, cette musique, toute en guitare électrique, je la trouve magnifique. Peut-être l’aimerez-vous aussi… quand vous mourrez (ça viendra vite, gniark, gniark !)

icone_techniqueNiveau animation, c’est du tout bon, les trois splendides parallaxes glissent les unes sur les autres sans l’ombre d’une saccade et tout le reste est animé à la perfection.

ork_11icone_jouabiliteBon, je ne vous cacherai pas que la maniabilité n’est pas au poil, en effet, vous constaterez par vous même que pour pouvoir changer de direction, il faut d’abord se retourner. Donc ça prend plus de temps, mais la plupart du temps, vous n’en avez pas… du temps.

icone_difficulteDe plus, que c’est dur. Alors, déjà, y’a plein de bestioles partout et en plus pour les toucher, il ne faut pas être gêné par les décors car, quelques fois, la moindre herbe folle bloquera votre tir. Ça, ça ne le fait vraiment pas.

En résumé, si Ork est pour moi très abouti graphiquement, hormis le petit problème de confusion entre les ennemis et les décors, j’aurais aimé, étant donné la difficulté titanesque du jeu que la maniabilité soit meilleure. cela dit, ne vous y trompez pas, même avec ces petits défauts, Ork est un jeu auquel on joue avec plaisir, ne serait-ce que pour résoudre les puzzles dont il est farci.

Le saviez-vous ?

  • Le nom de code du jeu était Infiltrator.
  • L’image de la boîte est Behemoth’s World,  une œuvre réalisée par Richard Clifton Dey. Elle fut précédemment utilisée en 1980 pour illustrer la jaquette de l’album Cultösaurus Erectus de Blue Öyster Cult.

Brian The Lion – Amiga AGA – 1994

briantlaga_titreChris le Cristal a été enlevé par Geeza le Dragon et Ver, son acolyte. Brian le Lion rugit de colère et part à la poursuite de Geeza et de ses sbires afin de libérer Chris son meilleur ami…

Dans ce jeu et contre toute attente, vous incarnez Brian le Lion et vous partez séance tenante à l’aventure pour sauver votre ami…

briantlaga_01Votre tâche semble gigantesque, car pour retrouver Chris le Cristal, vous allez devoir traverser de part en part deux continents infestés de bêtes à la solde de l’infâme Geeza le Dragon et de son misérable acolyte, le petit Ver.
Jungle, précipices, ruines, mer, cimetière, lac de lave, étendues glacées et forêts sombres sont une partie des obstacles que votre périple vous amènera à franchir au travers d’une carte très bien réalisée. Bravez des éléments déchaînés et tenez-vous prêt à en découdre avec des ennemis toujours plus nombreux et retors.

Pour affronter le danger que représente la faune, vous disposez de vos griffes; un petit coup bien placé et hop vous pourrez passer. Sur votre route, vous ramasserez des cristaux qui vous serviront à négocier auprès de marchands pas toujours très aimables. Collectez des points de vie pour résister le plus longtemps possible aux attaques de vos ennemis.

briantlaga_03Soyez sur vos gardes, les pièges sont nombreux et des ennemis bien plus féroces vous attendront au tournant…

A noter qu’un point bleu sur la carte signifie que le niveau en question possède deux sorties différentes qui conduisent donc à des sentiers différents. Soyez avide de secrets, car ils sont nombreux, comme les tourbillons qui vous mènent à des sentiers cachés. De plus, si vous terminez un niveau avant le temps imparti vous accéderez à un niveau bonus où le temps est de la partie et où votre habileté sera mise à rude épreuve.

briantlaga_06Développé par Reflections et édité par Psygnosis, Brian the Lion sort en 1994 sur Amiga.

C’est en beauté que Reflections met un terme à sa carrière de développeur sur Amiga. En effet, Brian the Lion devient en 1994 le jeu de plate-formes ultime des Amiga à base de chipset AGA car il exploite une bonne partie de la puissance de la machine.
Graphiquement, ça commence très fort avec des effets de zoom et de rotation uniquement pour choisir sa langue. Et ça continue avec l’arrivée zoomée des logos et du titre. C’est impressionnant ! La page d’accueil propose un titre en perpétuelle déformation… c’est du plus bel effet.

briantlaga_08Bon, lançons-nous dans la partie… C’est splendide, on a droit à 256 couleurs magnifiquement choisies et pas moins de douze parallaxes superbement animées donnent une impression de profondeur très convaincante.

En plus tout bouge admirablement bien : Brian qui possède plus de 200 images d’animation est superbe et les ennemis sont mignons. Par contre, il vous faudra un long moment pour vous familiariser avec les sauts et les mouvements de notre roi de la jungle, car vous vous laisserez vite embarquer par sa fougue et ne manquerez pas de faire quelques chutes vertigineuses…

Les musiques sont très agréables et participent grandement à conférer au jeu son petit côté cartoon. La musique de fin est superbe… Les bruitages sont de qualité.

briantlaga_10Au final, Brian the Lion est un jeu de plate-formes excellent. Servi par une réalisation sans faille (AGA oblige, quoique, mis à part les 256 couleurs, on a déjà vu mieux question parallaxes…), ce jeu, à la difficulté progressive vous enthousiasmera certainement. On regrettera simplement que les derniers niveaux perdent un peu de l’originalité et de la beauté des premiers et que les boss aient des attitudes convenues… A posséder absolument.

Coté émulation, utilisez le réglage 68EC020 dans l’onglet CPU.

Shadow of the Beast III – Amiga ECS/OCS – 1993

shadow_of_the_beast_3_cover_artZelek était mort… Aarbron s’effondra sur le sol et s’endormit.
Alors qu’il dormait profondément, un homme emprunt de sagesse fit son apparition devant lui et sourit. “Tu as fait de l’excellent travail, Aarbron. Zelek était un ennemi puissant; le vaincre réclamait force et courage. Le monde est désormais plus sûr grâce à toi. Pourtant, ton combat n’est pas encore fini. Maletoth, bien qu’amoindri, a encore suffisamment de puissance pour être pris au sérieux. Pour que nous soyons libéré de son emprise à jamais, il doit être détruit.
Je suis Rekann. Autrefois magicien du Roi, j’étais garant de l’équilibre entre la lumière et la pénombre et entre le bien et le mal.

beast3_05Malheureusement, j’ai été négligent. J’aurais dû voir le pouvoir de Maletoth grandir et sentir sa présence, mais il a été très… très malin. Je n’avais aucune chance car son attaque fut rapide. Avant que j’aie pu riposter, il m’avait emprisonné dans cette Cage de Contrainte. Mais maintenant que tu as vaincu Zelek, Maletoth est suffisamment affaibli pour que je puisse te contacter. Son emprise sur le monde se relâche. Nous devons frapper tant que nous le pouvons.
Pour bannir Maletoth à jamais, tu dois partir en quête de quatre artefacts : le Crâne de Louq-Garou, la Quintessence de l’Être, la Masse d’Arme de Pendek et les Deux Cristaux de Hodag. C’est seulement lorsque tu posséderas ces quatre entités que tu seras assez fort pour affronter Maletoth. Maintenant éveille-toi, Aarbron. Eveille-toi pour entreprendre ton plus grand défi… mais n’aies crainte, car je serai auprès de toi pour te guider. Eveille-toi, Aarbron… ton périple t’attend.”
Aarbron remua. Il était couché sur le sol, perdu dans ses rêves. Il se sentait différent, il se sentait bien. Inspectant son corps, il vit qu’il avait repris forme humaine. L’enchantement de Maletoth l’avait quitté, il était enfin libre !

beast3_08Depuis le lointain, Aarbron entendit les moteurs d’un avion. Il regarda, fasciné, alors que l’appareil se posait non loin de lui. Aarbron attendit, mais rien n’arriva. Il se dirigea vers l’avion, maintenant silencieux, et alors qu’il s’en approchait, la porte s’ouvrit. Aarbron recula, mais de nouveau, rien ne se produisit. Il grimpa à l’intérieur et la porte claqua derrière lui. Les moteurs se mirent en marche et l’avion décolla.
Aarbron s’installa confortablement.
L’avion se dirigeait vers le nord,… vers Maletoth.

beast3_16Après avoir quasiment retrouvé votre apparence humaine dans le second volet de la trilogie, vous voilà de retour. Cette foi-ci, fini la peau de bête négligeamment passée autour de la taille, les cheveux dégueulasses et la barbe de quinze jours, vous avez trouvé des vêtements (il était temps !) et vous sentez bon le savon. Et quel look me direz-vous ! Passez moi l’expression, mais on a rarement vu plus ridicule dans un jeu Amiga. Torse nu, vous arborez fièrement un chapeau vénicien, une culotte blanche bouffante et portez dans le dos un sac de petit écolier. La vache, ils ont fait fort cette fois-ci chez Reflections; fini le look paléo-néandertalien, place à la tendance « le ridicule ne tue pas ». Et pourtant si me direz-vous, car vous êtes plonger à nouveau dans un monde sans pitié qu’il va vous falloir parcourir pour finalement affronter Maletoth (dit l’Infâme). Vous devrez pour cela traverser quatre mondes dans un ordre plus ou moins défini : La Forêt de Zeakras, Le Fort Dourmoor, Les Cavernes de Bidhur et Nosthomak dans chacun desquels vous récolterez un artéfact magique (respectivement le Crâne de Louq-Garou, la Masse d’Arme de Pendek, la Quintessence de l’Être et les Cristaux de Hodag ) afin qu’un vieux sage décrépi vous fabrique une arme surpuissante, seule capable de détruire Maletoth (ben voyons !).

beast3_02On ne change pas une recette qui gagne et si Shadow of the Beast 2 avait plu avec ses petites énigmes sympas, ici on nous en remet une couche à la sauce Mc Gyver avec pleins de petits puzzles (attention, certains sont bien prise de tête). La tâche est beaucoup moins relevée que dans les deux premiers, mais pas si facile que ça. Cette fois-ci vous aurez trois vies pour vous jouer de Maletoth et des « boom j’t’attrape » qu’il a semé derrière lui.

Sur votre route, vous trouverez de nouvelles armes comme des grenades, des clés ou des objets et des outils (maillets) pour manipuler certains éléments du décor sans les détruire. Pour passer de l’un à l’autre de ces objets, il suffit d’appuyer sur la barre d’espace. L’accent est réellement mis sur les énigmes et vous devrez faire preuve de beaucoup de réflection pour vous défaire de certains pièges bien tordus et effectuer dans le bon ordre certaines actions vitales pour progresser.

beast3_06Distribué par Psygnosis et développé par Reflections, Shadow of the Beast III: Out of the Shadow sort en 1992 sur Amiga.

icone_graphismesSes graphismes beaux, que dis-je, magnifiques et colorés, ses décors soigneusement travaillés, le placent aux côtés du premier épisode, la difficulté excessive en moins et la maniabilité en plus. Et oui, cette-fois, il est enfin possible de finir un Shadow of the Beast sans cheat code bien bourrin, genre invulnérabilité.

icone_jouabiliteLes ennemis qui hantent les lieux sont moins nombreux et plus faciles à éliminer, la maniabilité du personnage étant impeccable, c’est un vrai régal que de déambuler dans chacun des quatre mondes et de se farcir la faune locale.

beast3_18icone_sonLes musiques de Tim et Lee Wright sont toujours aussi somptueuses et vous entraînent dans un monde dont il est difficile de revenir indemne ! Les bruitages, quant à eux, sont de bonne facture et accompagnent le tout sans desservir le jeu.

Oh que oui ! J’ai aimé Shadow of the Beast III et plonger dans son univers fantastico-gothique. Ce jeu, sans révolutionner le genre, est jouissif, car il est la parfaite synthèse des points forts de ses deux prédécesseurs et a le bon goût de laisser de côté leurs handicapes. On pourrait juste lui reprocher d’être un peu court, mais comme Shadow of the Beast III est un pur concentré de merveilles graphiques et sonores au service d’un gameplay sans faille, on lui pardonnera ce petit défaut.

A bon entendeur.

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Shadow of the Beast II – Amiga ECS/OCS – 1990

Après avoir triomphé de vos anciens maîtres, vous êtes retourné dans votre village d’origine, où les anciens ont usé de leur science pour vous rendre votre véritable aspect. Après de tendres retrouvailles, vous, votre soeur et son enfant êtes partis vous installer à la frontière du pays, pour y débuter une nouvelle vie. Mais voilà, les démons sont revanchards et lâches; aussi pour vous atteindre, Maletoth a envoyé son bras droit, Zelek, afin qu’il kidnappe l’enfant de votre soeur pendant votre absence. A votre retour, vous la découvrez étendue sur le sol, blessée. Pendant que vous la soignez, elle vous explique ce qui s’est passé; vous décidez alors de partir à la recherche de l’enfant et de vous débarrasser une bonne fois pour toute de Maletoth et de sa horde.

beast2_01Vous dirigez toujours Aarbron, mais celui-ci a retrouvé son apparence humaine. Vous pouvez courir, sauter, lancer votre masse d’arme et vous avez accès à votre inventaire. Ce dernier élément constitue d’ailleurs une des nouveautés du jeu; rappelez-vous dans le premier épisode, les objets que vous récoltiez sur votre passage n’étaient pas accessibles. Vous pouvez maintenant les choisir grâce aux touches de fonction, les utiliser avec le bouton de votre joystick ou les offrir en appuyant sur la touche « o » pour offer (offrir). Le côté aventure du jeu étant donc beaucoup plus développé, vous pouvez également parler à certains protagonistes en appuyant sur la touche « a » pour ask (demander) et en écrivant quelques mots simples. Le personnage est cette fois-ci beaucoup plus maniable, mais il est toujours aussi difficile d’éviter les ennemis que vous n’avez pas le temps de tuer, aussi les potions d’énergie seront des objets très prisés.
N’oubliez pas de ramasser les pièces disséminés sur votre chemin, vous en aurez besoin vers la fin du jeu.

beast2_05Avouons-le, le scénario de cet épisode est beaucoup plus pauvre que celui du premier opus. La couleur est annoncée, Reflection ne compte pas révolutionner le genre, mais propose une simple suite du hit que fut Shadow of the Beast, avec un côté aventure un peu plus approfondi.

icone_graphismesLes graphismes, quoiqu’un peu ternes (en 32 couleurs tout de même sur Amiga), sont d’excellentes qualités et reprennent bien l’ambiance déjà utilisée dans la première partie. Le seul point noir étant, selon moi, à attribuer au look de certains monstres et à l’animation globale de tous les personnages (sauf du héros), enfin rien de bien méchant

beast2_16icone_sonLes musiques quand à elles sont toutes très bien rythmées et très entraînantes, elles proposent une ambiance légèrement tribale et collent vraiment bien au jeu. De plus, elles évoluent au rythme de l’action et contribuent donc grandement à l’impact de certaines scènes. Côté bruitage, pas grand chose à redire, si ce n’est qu’ils sont de bonne facture.

Globalement, Shadow of the Beast II est un excellent soft un peu dur peut-être qui, s’il ne parvient pas à surpasser son aîné graphiquement, propose une aventure tout à fait intéressante (même si elle est linéaire) et avec un bien meilleur gameplay.

Le saviez-vous ?

  • Shadow of the Beast II a été édité sur Atari ST, FM Towns, Megadrive/Genesis et SEGA CD.
  • Le jeu fut sous-titré au Japon Jūshin no Jubaku soit littéralement L’ensorcellement du Seigneur Bête.
  • La musique de la séquence de Game Over est tirée d’une musique de la série Miami Vice – Deux Flics à Miami (S5E1).