Agony – Amiga ECS/OCS – 1992

imageL’esprit d’Acanthopsis est apparu à Alestes et l’a chargé de rétablir la paix dans le monde en détruisant Mentor, ennemi juré de l’humanité. Ce dernier a pour ambition de s’approprier le parchemin d’Acanthopsis, révèlant ainsi le secret de la force cosmique et de la création du monde. Pour affronter son ennemi et sa horde, Alestes se transforme en un puissant hibou maîtrisant la magie et prend son envol.

imageAlors que le bruit caractéristique da la disquette s’insérant dans le lecteur résonne encore dans l’air, une musique mystérieuse et envoûtante le remplace dans votre esprit avec comme toile de fond des graphismes haute définition aux couleurs chatoyantes. Puis quelques mots finement ciselés s’impriment sur l’écran : Art & Magic, Psygnosis et Agony, ces mots ne tomberont pas dans l’oubli, quoi qu’il advienne. Un air de piano s’installe, sublime composition de Tim Wright, un régal pour les oreilles, un délice pour les tympans. Que votre « Agonie » commence…

imageVous incarnez Alestes après sa transformation en hibou. Vous devez vous frayer un chemin à travers six gigantesques niveaux totalement différents et faire face à des hordes d’ennemis prêt à vous empêcher de passer. Pour vous aider dans votre quête, vous disposez d’un tir principal en forme de boomerang possédant quatre niveaux de puissance et de deux satellites en forme d’épée. Sur votre route, vous aurez l’occasion de ramasser des parchemins magiques, vous donnant accès à des sorts que vous pourrez utiliser à tout moment du jeu (en appuyant sur la barre d’espace), vous faisant bénéficier soit d’une arme surpuissante, soit d’une protection supplémentaire.

imageDéveloppé par Art & Magic (composé en partie des programmeurs d’Unreal) et produit par Psygnosis (encore eux), Agony sort en 1991 sur Amiga.

icone_graphismesLe jeu vous propose de détruire des centaines d’ennemis à travers six mondes différents dont les graphismes sont agrémentés de centaines de couleurs. Superbement animé, les parallaxes glissent les unes sur les autres à la perfection, produisant un effet de profondeur rarement atteint dans un jeu Amiga.

icone_jouabiliteMême s’il n’est pas très rapide, le personnage répond parfaitement à vos solicitations.

imageicone_difficulteLa difficulté, progressive dans les trois premiers niveaux, devient vite pénalisante plus loin pour peu que l’on perde une vie et que l’on voit son arme retourner au premier niveau d’énergie. Même avec une arme à pleine puissance, dans les cinquième et sixième niveaux, les ennemis sont parfois tellement nombreux à l’écran et si coriaces, qu’il est quasiment impossible de les balayer tous. Une seule chose peut vous sauver : les sorts que vous récupérer sur votre chemin, qu’il est sage d’économiser et qu’il faut savoir utiliser au bont moment. Autre point noir, l’action est parfois confuse tant certains ennemis arborent les mêmes nuances de couleurs que l’arrière plan.

imageicone_sonLes musiques (comme d’habitude dans les jeux Psygnosis) sont magnifiques et rendent parfaitement compte de l’ambiance oppressante du jeu ; les bruitages quant à eux sont très sobres et n’apportent rien.

En bref, Agony est une petite merveille graphique et sonore, qui une nouvelle fois ne fait que repousser les limites de l’Amiga sans pour autant révolutionner le genre.


Le saviez-vous ?

  • Le groupe Dimmu Borgir a utilisé dans son album Stormblåst de 1996 les premières notes de la musique titre d’Agony sans créditer Tim Wright, son créateur. La musique en question s’intitule Sorgens Kammer et est de bonne facture. L’album sera réédité en 2005 avec une nouvelle version de la musique incriminéé intitulée Sorgens Kammer – Del II.
  • Une séquence d’intro animée était à l’origine prévue. Conçue et animée par Marc Albinet, cette intro ne sera pas retenue pour des raisons de place.
  • La chouette incarnée dans le jeu représente le logo de Psygnosis.

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Shadow of the Beast – Amiga OCS – 1989

Vous vous appelez Aarbron; vous avez été enlevé lors de votre plus tendre enfance. Depuis cette époque, vous êtes un esclave des adorateurs de la Bête : Maletoth. De nombreuses expériences ont été réalisées sur vous afin de vous conditionner à devenir l’un des fidèles sanguinaires de la Bête. Toutes les potions que l’on vous a fait boire vous ont également affecté physiquement et ont fait de vous un animal assoiffé de sang et en particulier du sang des humains. Le jour de votre ascension au rang d’adepte approchant, vous allez devoir prouver votre dévouement à la Bête en massacrant des humains et ainsi confirmer le potentiel meurtrier que vos maîtres ont descellé en vous. Quand ce jour arrive, dans l’arène, vous êtes tel le bourreau face à ses victimes, vous attendez le signal.
imageDevant vous, vous apercevez trois misérables créatures, un homme et deux femmes; leurs yeux sont fixés sur vous et la peur s’y lit aisément. Cette peur que vous suscitez vous excite, mais tout à coup, tout bascule… ce sont tout d’abord des sensations qui vous tenaillent le ventre puis des images défilent devant vos yeux. Vous voyez vos parents, votre soeur et vous au milieu, heureux; vous êtes instantanément pétrifié par l’horreur car tout devient clair : les êtres humains que l’on vous demande de massacrer sont vos parents et votre sœur. Vous êtes furieux de vous être laissé manipuler par des monstres, c’est eux que vous haïssez désormais.
Dans les gradins plus personne ne bouge, chacun retient son souffle car Maletoth s’est levé, le visage noir, il a compris ce qui vous arrive ; il vous regarde fixement comme s’il désirait vous abattre, mais ce qu’il oublie c’est qu’il a fait de vous une machine froide et sans peur, programmée pour tuer.

Tandis que la clameur monte dans les gradins vous pénétrez dans l’Ombre de la Bête…

imageVous vous en doutez, dans Shadow of the Beast sur Amiga, vous allez incarner Aarbron sous une forme monstrueuse et arpenter le domaine de la Bête, à travers plaine, bois, grottes et château. Votre personnage, véritable machine à tuer, peut sauter, donner des coups de poing et des coups de pied (lorsqu’il saute). Pour accéder à certaines zones et pouvoir progresser dans le jeu, vous devrez récolter des objets (clés, torche, armes). Les ennemis que vous rencontrez sur votre route sont extrêmement diversifiés et semblent tout droit sortis des contes cauchemardesques de Lovecraft, monstres féériques et entités maléfiques, engeances venues d’autres plans, programmés pour le meurtre. En somme l’habituelle faune locale qu’il vous faudra anéantir de bon cœur. Pour survivre, vous disposez d’une unique vie, composée de 12 points d’énergie…

imageDistribué par Psygnosis et développé par Reflections, Shadow of the Beast sort en 1989 sur Amiga.

icone_graphismesSes graphismes somptueux et son animation sans faille font d’emblée de ce jeu un hit incontournable et la vitrine technologique de la machine de Commodore qui sur la promesse de ses visuels alléchants fera vendre des palettes d’Amiga.

icone_techniqueLors des scènes se déroulant en extérieur, le jeu propose jusqu’à treize paralaxes d’une fluidité à faire pâlir n’importe quel programmeur. Les couleurs sont chatoyantes, chaque pixel vous immergeant dans un univers fantasmagorique.
image

icone_difficulteMais, si le jeu est magnifique et le mot est faible, la difficulté s’avère vite très élevée et le peu de potions d’énergie disséminées sur votre route ne suffisent pas à compenser vos blessures. Les ennemis arrivent par vagues successives et pour les détruire, il faut d’une, connaître le parcours sur le bout des doigts et de deux, frapper au dixième de seconde près; les bestioles peuvent venir de devant comme de derrière et parfois des deux côtés en même temps; en bref, vous êtes constamment assailli et il devient vite difficile d’éviter les blessures. Si vous échouez, ne subsistera de vous qu’un maigre tas d’os, vestige d’une vie de martyre.

La difficulté vient donc gâcher le plaisir de jouer à un jeu aussi magnifique, et ceux qui ont acheté ou se sont procurés ce jeu à l’époque ont du très vite s’arracher les cheveux (je confirme car ce fut le premier jeu que j’ai acheté sur Atari 520 STe). Néanmoins, Shadow of the Beast reste un jeu symbôliquement fort de l’Amiga, la vitrine d’une époque vidéo-ludique faite de palettes de couleurs léchées, de paralaxes nombreuses et lisses, de scrolling multi-directionnels hallucinants. Un univers qui, pour ceux qui l’ont connu, n’a pas pris une ride ou si peu, même lorsqu’il est mâtiné d’une difficulté harassante.

Le saviez-vous ?

  • Shadow of the Beast est également sorti sur Amstrad CPC, Atari ST, Commodore 64, FM Towns, Megadrive/Genesis, Lynx, Master System, TurboGrafx CD et ZX Spectrum.
  • Au Japon le jeu reçu le sous-titre Mashō no Okite soit littéralement La Loi de la Cruauté.
  • Le jeu est composé de 350 écrans, affiche 50 images par seconde, 128 couleurs au maximum, a 132 monstres à son bestiaire et a été réalisé en neuf mois.
  • Le jeu fut édité en boîte grand format avec deux disquettes, le manuel, ainsi qu’un T-shirt noir estampillé du titre.


Wings of Death – Amiga ECS/OCS – 1990

imageVous êtes Sagyr, un puissant magicien, et vous vous réveillez un matin avec une drôle de sensation : vous distinguez mal votre environnement, qu’il soit visuel ou auditif. Tout ce dont vous vous rappelez, c’est avoir distingué Xandrilia, votre pire ennemie, disparaissant à votre réveil, un sourire malsain sur les lèvres. Tant bien que mal vous vous approchez de votre miroir, vous cognant contre les meubles et découvrez avec stupeur que vous êtes maintenant une chauve-souris. Votre calme revenu, tout devient clair à vos yeux, vous devez poursuivre Xandrilia jusque dans son château et la détruire pour que le charme qu’elle vous a jeté s’évanouisse avec elle. Vous savez que votre tâche sera dure, mais heureusement pour vous, vous avez vos ailes, les Ailes de la Mort.

imageDans la peau de Sagyr, vous allez devoir traverser sept mondes différents : Le Château de Sagyr, La Jungle des Mutants, Le Marécage Fatal, Le Pays de Feux, Les Terres du Désespoir, Le Monde de Cristal et finalement Le Domaine de Xandrilia. Pour vous aider dans votre quête, vous trouverez sur votre route des sortilèges, laissés par les ennemis que vous aurez anéantis, et qui vous permettront de revêtir cinq apparences différentes : celle d’un dragon, d’une libellule, d’un aigle, d’un griffon et bien sur celle d’une chauve-souris. Sous chacune de ces formes, vous disposerez d’une arme spécifique que vous pourrez améliorer en cumulant les sortilèges de même nature (chaque arme possédant cinq niveaux de puissance).

imageEn collectant soigneusement d’autre sortilège, vous pourrez également améliorer votre vitesse (Speed), enclencher le tir automatique (Autofire), regagnez de l’énergie (Energy), une vie (Life) ou vous parer d’un bouclier (Shield). Il existe également deux autres armes, venant soutenir votre arme principale : le Chasseur (Hunter), qui comme son nom l’indique traquera un certain nombre d’ennemis pour les détruire et le Destructeur (Destroyer) qui gravitera autour de votre personnage, tout en annihilant tout ennemi rencontré sur son passage. Mais attention à ne pas collecter de têtes de mort (Ah ! Ah !), car vous apprendrez bien vite que leur effet et désastreux sur votre armement. La difficulté du jeu est progressive, mais si vous avez le malheur de perdre votre arme au cours d’un niveau, vous serez dans le pétrin.

imageDistribué par Thalion et développé par Eclipse Software, Wings Of Death est un shoot’em up sorti en 1990 sur Atari ST(e) et Amiga. Il fait parti des très rares jeux à proposer deux versions totalement identiques, non pas qu’il soit de réalisation médiocre (au contraire), mais cette fois-ci les programmeurs se sont donné la peine d’utiliser l’Atari (et notamment le STe) à fond. C’est suffisamment exceptionnel pour être souligné et c’est aussi une des raisons qui font que ce jeu est l’un de mes préférés.

imageTechniquement parlant la liste et longue et parle d’elle-même :

  • Plus de 95 sprites présents à l’écran simultanément.
  • Plus de 512 couleurs sur l’écran titre.
  • 32 couleurs pendant le jeu. Dialogues synthétiques.
  • Effets sonores numérisés.
  • Utilisation optimale du STe (le fameux Blitter).
  • 1 Mo de sons échantillonnés.
  • Plus de 1 Mo de graphismes.
  • Défilement ultra fluide.
  • Utilisation intelligente des capacités mémoires allant jusqu’à 4 Mo.

imageAu final, que dire de Wings of Death si ce n’est qu’il s’agit probablement de l’un des meilleurs shmups verticaux sur Amiga et tout simplement le meilleur sur Atari STe. Baigné dans un univers médiéval-fantastique fort sympatique, joliment dessiné par Erik Simon, Wings of Death s’anime sous les rythmes endiablés et inoubliables de Jochen Hippel. Bénéficiant d’une action effrénée, le jeu vous propose d’abattre des ennemis diversifiés et des boss à la pelle. Wings of Death est donc un jeu qui ravira les amateurs de shmups de la première heure et saura peut-être séduire les autres.

artwork2Le saviez-vous ?

  • J’ai réalisé il y a quelques années un remake PC du nom de Blazing Wings, aussi, si ça vous intéresse, vous pouvez encore le télécharger ici.
  • L’écran titre de la version Atari ST (voir ci-contre) utilise plus de couleurs que celui de la version Amiga.

Toki – Amiga ECS / OCS – 1991

20130802-203046.jpgAu commencement, il y eut Juju Densetsu, la Légende de Juju, édité par TAD Corporation au Japon en décembre 1989. Le jeu connaissant un succès bien mérité, nous verrons pourquoi, il sera distribué hors de l’archipelle nippone par Fabtec sous le doux nom de Toki. Alors pourquoi Toki  ? Et bien pour la petite histoire, Tadashi YOKOHAMA, le président de TAD, proposa le prénom de son fils Toki pour représenter le jeu à l’international. Voilà pourquoi vous incarnez donc Toki, un petit gars coulant des jours paisibles aux côtés de sa fiancée Miho dans une contrée reculée au fin fond d’un pays lointain. Ainsi, comme dirait Candide, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où Vookimedlo, le méchant sorcier du pays d’à côté, qui est franchement vilain soit dit en passant, passe par là et décide que votre aimée deviendra son aimée. D’où le dilemne. Aidé de l’un de ses sbires, Bashtar, Vookimedlo l’enlève pendant que vous avez le dos tourné. Alerté par les cris de Miho, vous vous précipitez sur les lieux du drame, mais Vookimedlo, comme tout méchant qui se respecte a plus d’un tour dans sa manche et dans son sac et vous transforme en un chimpanzé insignifiant, certain que sous cette forme il n’aura jamais à se soucier de votre courroux. Si la méchanceté de Vookimedlo n’est plus à démontrer, sa débilité non plus, aussi en vous transformant, il vous a par mégarde doté de la faculté de cracher des boules de feu destructrices qui font très très mal. Ça s’est apparemment joué à une syllabe près lors de l’incantation de la formule magique, un truc du style « Clatu Verata Nectarine » au lieu de « Clatu Verata Nictu », une broutille pour Vookimedlo, certes, mais une broutille qui aura son importance, nous le verrons… Aussi, au bord du gouffre mais ravigoté par ce frèle espoir, vous vous lancez au secours de la belle et n’avez qu’une idée en tête : anéantir Vookimedlo et sa horde purulente.

20130801-194407.jpgVoici donc dressée en quelques lignes l’intrigue du jeu, intrigue étant un bien grand mot, il faut l’avouer.
Dans la peau de Toki, un chimpanzé donc, vous vous élancez à la poursuite de Vookimedlo dans l’espoir de délivrer Miho. Miho, qui soit dit en passant endosse bien malgré elle le rôle de la conne de service, toujours prompte à se foutre dans une merde pas possible, rôle qu’a toujours si bien tenu et assumé la pathétique princesse Peach de Super Mario Bros. Bref, passons…
Pour atteindre votre ennemi désormais juré, le jeu vous invite à traverser six mondes truffés de piéges et peuplés par un bestiaire qui leur sont propre. Ainsi, après vous être extirpé du Labyrinthe de Cavernes, vous devrez survivre dans les eaux sumâtres du Lac Neptune, résister à la chaleur torride des Cavernes de Feu, pour ne pas choire sur les pentes glissantes du Palais de Glace, avant d’affronter l’atmosphère étouffante de la Jungle Sombre et atteindre enfin le Palais Doré où se terre ce pourri de Vookimedlo. Précisons que l’issue de chacun de ces mondes est farouchement gardée par un boss, qui, comme par hasard, s’est juré de vous réduire à néant si par aventure vous vous risquiez à suivre la trace de leur maître. Classique quoi.

20130801-194723.jpgPour anéantir les ennemis qui se dressent devant vous, inconscients de la rage qui vous anime, vous aurez le choix entre leur sauter sur la tête pour les estourbir en quelques bonds suivant leur résistance, tactique oh combien risquée car cela vous obligera à vous rapprocher dangereusement d’eux ou bien d’user de votre tout nouveau pouvoir et de les vaporiser grâce à vos crachats enflammés, à distance donc et dans toutes les directions. Pour se faire, une simple pression prolongée sur le bouton feu de la manette suffira à enclancher votre tir qu’il vous faudra ensuite orienter à bon escient. Les puristes de la version arcade regretteront soit dit en passant le bouton réservé au saut car ici il vous faudra actionner la manette vers le haut pour bondir. Les autres n’y verront qu’un détail.

Pour vous aider dans votre progression, des bonus divers et variés joncheront votre parcours : le casque vous protègera contre les attaques frontales, tandis que le petit Toki vous récompensera d’une vie supplémentaire et j’en passe volontairement pour vous laisser la surprise. Notez qu’en détruisant certains ennemis, vous récolterez certaines améliorations pour votre puissance de feu.

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Développé par une équipe française d’Ocean, Toki sort en 1991 sur Amiga.

icone_techniqueQue dire de Toki sur Amiga, sinon qu’il figure parmi les conversions les plus réussies ayant vues le jour sur la machine de Commodore. Le jeu est ultra coloré, exploitant à merveille les trente-deux couleurs affichables simultanément par la machine. Les sprites sont de bonne taille et sont en outre plus que fidèles à ceux d’origine. Le jeu profite de la puissance de l’Amiga pour afficher avec brio une parallaxe de fond, produisant ainsi un scrolling différentiel du plus bel effet. On notera toutefois que le dit scrolling a été programmé sur Amiga pour s’interrompre à des endroits stratégiques afin de masquer la suite du décor et augmenter artificiellement la difficulté, révélation du programmeur lui-même, monsieur Michel Janicki. À ceux qui s’en sont plaints ou qui s’en plaignent encore, je leurs dirai ceci, ce petit tour de passe-passe n’existe pas sur la version Atari ST (qui rame un max soit dit en passant) et le jeu n’en est que trop facile, voire désarmant de facilité…

icone_sonMusicalement parlant, Toki sur Amiga, c’est l’extase pour les tympans. Les musiques du jeu original sont sublimées par Paula, le mythique processeur sonore de la bête de Commodore et Pierre-Éric Loriaux, le musicien, s’est même payé le luxe d’en composer des nouvelles que vous n’êtes pas prêts de vous sortir de la tête. On regrettera juste que Paula ne gèrent nativement que quatre voix car les bruitages, la plupart du temps, viennent en écraser une, la batterie, dommage.

icone_difficulteTout comme en Arcade, la difficulté est progressive, mais certains passages vers la fin vous rendront peut-être dingue, tant certains enchaînements doivent être exécutés au millimètre près. Pour autant, la durée de vie n’en est que rallongée !

Au final, Toki sur Amiga est une petite pépite qui saura certainement reprendre au piège les accrocs de la première heure (je confirme !). Esthétiquement agréable, aux sonorités mélodiques, très jouable, ce jeu propose un challenge raisonnable. Il a donc tout pour vous plaire.

Le saviez-vous ?

  • Ou plutôt, L’aviez-vous remarqué ?, la version Arcade ne propose que deux musiques de stage.
  • Il aura fallu dix mois aux équipes de Tad pou développer le jeu, développement qui pris fin le 6 novembre 1989.
  • Au total, Tad vendit près de 5600 PCB de la version Arcade.
  • Toki aurait dû sortir sur Amstrad GX 4000 et sur ZX Spectrum.
  • Un prototype du jeu pour la console Atari 7800 existe, il daterait de 1993, mais n’a pas encore été diffusé sur la toile.

Et pour tout connaître sur TOKI version Arcade, je vous invite à regarder l’émission BackintoysTV qui lui est consacrée :

Menace – Amiga OCS – 1988

Votre mission est simple, vous devez détruire la planète Draconia. En théorie possible, mais en pratique…

Draconia est une planète artificielle créée durant des centaines d’années par six des tyrans les plus craints, ayant jamais existé. Ces derniers, exilés depuis leur galaxie natale, ont ravagé et pillé l’espace, puis ont utilisé les mondes qu’ils avaient détruit et les formes de vie qu’ils avaient créées, pour construire cette planète de crainte et de mort.

Aujourd’ui, il est temps de mettre un terme à leur règne de terreur. Une attaque de grande envergure se révélerait trop coûteuse en vies humaines pour notre flotte, car Draconia possède de nombreux systèmes de défence en orbite. Aussi, seul un vaisseau de combat, approchant sans se faire détecter, a peut-être une chance de détruire Draconia et de venger tout ceux qui ont pérri.

Cette chance… c’est la votre…

Ha ha ! Ça me fait toujours doucement rigoler lorsque je lis pour la première fois l’histoire sur laquelle repose un shmup. Autant dire qu’il ne repose sur rien et n’en parlons plus…

Bon, soyons indulgent, comme la plupart des shmups qui ont hanté notre bonne vieille machine, Menace n’a absolument pas besoin de scénario pour justifier son existence. Tout ce que vous devez savoir, c’est que des aliens complètement fous (les méchants) ont décidés, un beau jour, de foutre la merde dans l’univers, et que vous (le gentil, mais aussi le con de service) avez été envoyé, seul :)), afin de régler la situation.

Vous partez donc, la fleur au fusil, exécuter la racaille de l’univers, une larme à l’oeil en pensant aux gens qui vous font confiance…

Aux commandes de votre boîte de conserve dernier cri , dont le bouclier protecteur baisse à la moindre chiquenaude, vous allez devoir traverser six environnements regorgeant de monstres mauvais et de boss furax (les tyrans).

Equipé d’un armement plus que rudimentaire, vous devrez zigouiller des vagues entières afin de pouvoir récolter une des options qui symbolisera votre salut.

Tout d’abord, si vous êtes avide de points ou d’argent, voire les deux, vous vous jetterez à chaque fois comme un dératé sur la première option disponible ; et vous n’aurez aucune chance de survie.

Les plus malins d’entre vous, comprendront bien vite, qu’il est préférable de tirer avec frénésie sur cette option, afin d’en modifier l’intérêt.

Dans l’ordre, vous pourrez obtenir une mitrailleuse, un laser, de la vitesse, un voire deux satellites orientables, un champ de force (qui vous rendra invulnérable quelques instants) et enfin une option vous permettant de régénérer votre bouclier faiblissant.

Précisons qu’il vous faudra faire preuve de rapidité afin d’obtenir la tant convoitée dernière option, tant il est difficile de les faire changer en tirant dessus…

De plus, si vous pouvez combiner mitrailleuse et laser, ces deux options vous sont fournies en quantité limité, il faudra donc souvent les recharger.

Je tiens à vous avertir qu’une fois que vous aurez sélectionné un ou deux satellites, vous devrez faire attention qu’ils ne soient pas touchés par un ennemi ou l’un de ses tirs, sinon, votre bouclier en subira les consèquences et vous avec. Une option, donc, à choisir avec la plus extrême prudence et en connaissance de cause. 😉

Développé par DMA Design et distribué par Psygnosis, Menace sort en 1988 sur Amiga.

Comme vous l’aurez compris, Menace est un shmup qui ne brille pas par l’originalité de son scénario.

Par contre, graphiquement, pour l’époque, ce jeu est une bonne surprise…

Non content d’afficher plus d’une quarantaine de couleurs, Menace se paye le luxe d’animer, de la façon la plus fluide qui soit, une parallaxe de fond, dans une fenêtre aux dimensions plus qu’honorables. Inutile de vous préciser à quel point j’aime les parallaxes, en tout cas pour un jeu de 88, ça fait vraiment plaisir d’en avoir une de cette qualité.

Les décors sont agréables et changent du tout au tout d’un niveau à l’autre, allant du bio-organique au futuriste.

Côté sonore, le tableau est un peu moins rose. En effet, vous n’aurez droit qu’à une seule composition musicale durant tout le jeu. Même si elle sonne plutôt bien (dans ses premières écoutes), elle a tendance à être répétitive et à devenir gavante. Les bruitages, quant à eux, n’apportent rien du tout, ils sont quelconques, mis à part les petites voix digits qui sanctionnent la collecte d’une option et le « Danger ! Danger ! » vous avertissant de la rencontre imminente avec un boss.

Côté maniabilité, le jeu est bien servi. Votre vaisseau bouge bien et sa vitesse de départ vous permettra d’éviter les attaques de vos ennemis.

Bon, par contre, Menace se révéle très vite être un jeu hyper difficile. Premièrement, il est toujours délicat d’obtenir l’option qui vous fait défaut, tant il faut s’acharner dessus pour qu’elle change d’aspect. Deuxièmement, la collecte de satellites rend, honteusement, votre vaisseau encore plus vulnérable, car cela double quasiment la hauteur du masque de collision. Un choix difficilement compréhensible…

Pour conclure, je dirais que malgré quelques défauts le rendant très dure à finir, ainsi qu’une répétitivité des niveaux dans leur séquences d’action, Menace est une excellente surprise vu son âge, qui ne manquera pas de séduire les acharnés du manche à balai.

Le saviez-vous ?

  • Le jeu aurait dû s’appeler DRACONIA, mais fut rebaptiser MENACE du fait de la publication la même année de Draconus, un jeu Commodore 64 de Zeppelin.
  • Menace porta également au préalable le nom de COPPERCON1.
  • À l’origine, certains niveaux s’appelaient « Irem Battlestation », « Konamian Graveyard » et « Jungles of Capcom », mais ce fut modifié à la dernière minute.

Shadow of the Beast IV

Troisième partie

Sur le chemin le séparant de Derkaran, la ville où chaque année avait lieu le tournoi des hommes forts du pays, Aarbron s’arrêta dans les champs bordant le fleuve Ornel Lui pour y cueillir un bouquet des plus belles fleurs qu’il lui ait été donné de voir. Il se dit que sur la route, il rencontrerait très certainement quelques femmes seules ou délaissées par leur mari que ces quelques fleurs des champs pourraient séduire. Aussi, plein de ce nouvel espoir, il repartit le coeur léger.
Quand Aarbron franchit la porte nord colossale de Derkaran, il sentait à la fois la rose et le lilas, la fraîche violette sauvage printanière et la jacinthe. D’aucun aurait pu penser qu’il s’était imprégné de l’odeur enivrante des fleurs de la région, mais lui, Aarbron, savait bien qu’il s’agissait en fait du parfum de femmes que le destin avait agréablement semées sur sa route. Aussi, son entrée ne passa pas inaperçue et quelques canailles à l’odorat développé et devinant en lui un des participants au fameux tournoi de la ville, trouvèrent amusant de le surnommer Le Dandy Parfumé. Fort heureusement pour eux, Aarbron n’eut pas vent de ce coup bas, sinon n’aurait-il pas manqué de redresser quelques pifs et déchausser quelques mauvaises molaires. Après s’être copieusement restauré dans l’une des nombreuses auberges de la ville, Aarbron se dirigea d’un pas leste vers l’arène principal située dans la plus vieille partie de la cité. Pour s’inscrire au tournoi, il dut se délester d’une pièce d’argent, ce versement couvrant en partie les tors qui pourraient lui être faits pendant le tournoi. Une heure plus tard devaient débuter les premières épreuves servant à écrémer la masse des candidats et à l’issue desquelles auraient lieu les premiers combats à mains nues. Pour Aarbron, ces premières épreuves de force ne devaient être qu’une simple formalité. Ce fut d’ailleurs à ce moment précis que les premiers regards intéressés commencèrent à se tourner vers lui, tant sa carrure ne permettait de prédire la puissance et l’habileté dont il faisait montre à chaque nouvelle épreuve. Au passage, il anéantit quelques records que détenait depuis des années un certain Bruviac, une montagne de muscles au bulbe atrophié, nourrie au rocher que l’on broie et à la barre d’acier que l’on plie. Quand Aarbron pulvérisa le record de lancé de tronc d’arbre que Bruviac avait mis dix ans à conquérir, ce-dernier sembla en prendre ombrage, tout du moins c’est ce qu’il aurait peut-être fait s’il avait été quelqu’un de raffiné et d’instruit, or Bruviac n’était rien d’autre qu’une brute épaisse, aussi ne trouva-t-il rien d’autre à faire pour apaiser sa colère que d’écrabouiller du poing le malheureux candidat assis non loin de là.

Aarbron, lui, s’amusait beaucoup des pathétiques emportements de colère de son adversaire direct, aussi il ne manquait jamais d’en rajouter un peu en lui jetant de largessourires à chaque nouvel exploit, ce qui ne manquait pas d’entretenir la colère de la brute.
Mais aussi fort fut Aarbron, il n’était pas toujours le plus fort, aussi Bruviac fut-il fort
satisfait de battre son principal adversaire à la course de vitesse, satisfaction qu’il ne manqua pas d’exprimer de la plus bruyante des manières, ainsi qu’à la détente horizontale, plus vulgairement appelée saut en longueur où il battit même son précédent record.
Aussi étrange que cela pusse paraître, les jambes d’Aarbron n’étaient proportionnellement pas aussi fortes que le reste de son corps. Mais il ne s’en offusqua pas, «cela viendrait…».

En fin de journée, à l’issue de sa première participation aux épreuves de force de Derkaran, Aarbron était le premier candidat à obtenir le plus grand nombre de points juste derrière Buviac. D’ailleurs, jamais aucun participant ne s’était approché autant du champion et il fut donc naturellement qualifié pour les combats qui devaient avoir lieu l’après-midi du lendemain, ainsi que six autres brillants candidats dont les résultats furent quelque peu ternis par le niveau exceptionnel des deux premiers.
Aarbron ne se sentant pas particulièrement fatigué par sa journée se dit qu’il passerait bien quelques agréables moments en compagnie des plus belles femmes de la cité, qui depuis la fin des épreuves n’avaient cessé de le couver du regard. Il n’eut pas besoin de beaucoup forcer le destin pour que son souhait se réalise.
Après quelques parties de jambes en l’air, Aarbron se coucha rassasié et dormit comme un bébé. Sacré Aarbron…

Le lendemain, une longue journée l’attendait où il devrait faire montre de toute sa puissance s’il voulait l’emporter.

À suivre…

Blast From The Past – Lemon & The Deadliners – OCS – 2017

Dernièrement en compétition à la Revision 2017 dans la catégorie Amiga Demo, Blast from the Past de Lemon & The Deadliners fait mouche dès les premières secondes de visionnage et finit deuxième de la compétition au milieu de compositions AGA.

La musique est sublime, un brin mélancolique, elle nous transporte quelque vingt-cinq années en arrière.

À savourer comme il se doit.

Code : Dan, Oriens, Soundy
Graphics : Facet, Made
Musics : Dascon, Virgill